De nombreux dépassements

Violence physique caractérisée, dégradation du mobilier scolaire, insultes… sont devenus la hantise des éducateurs.

Dans certains établissements scolaires, la violence est omniprésente. D’aucuns soutiennent que le laxisme ambiant, la permissivité et l’impunité ont largement favorisé l’émergence et l’extension de ce phénomène : « Les auteurs de dépassements sont rarement sanctionnées, d’où les cas de récidive constatés », fait remarquer un instituteur d’Amizour.

La voie est alors ouverte à tous les abus, et la violence a tendance à s’installer durablement, faisant, parfois tache d’huile.

Des enseignements fustigent les textes régissant le conseil de discipline. Les attributions de cet organe sont jugées très réduites, voire insignifiantes, alors que les délais de prise de sanction demeurent excessivement longs : « Il s’écoule souvent de longs mois entre le verdict rendu par le conseil de discipline et l’aval de la direction de l’éducation », déplore R. H., un enseignant qui a eu à siéger dans ledit conseil.

Un conseiller de l’éducation nous apprendra que dans l’école où il exerce, il ne se passe pas un mois sans, que des actes de vandalisme soient commis : Mobilier saccagé, vitres brisées, murs ornés de tags et de graffitis obscènes …

« De plus en plus d’élèves sont turbulents, insoumis, parfois arrogants jusqu’à l’insolence » témoigne Mehdi, un enseignant de Seddouk, qui nous être dit confronté à un dilemme « comment peut-on éduquer efficacement et sans châtiment des enfants qui n’ont connu que violences et brutalité ? » s’interroge-t-il. Au lycée Debbih-Chérif d’Akbou, une PES s’est, dernièrement fait « lapidée » en plein cours d’anglais par un de ses élèves de 1er AS ! Les enseignants de l’établissement ont observé deux heures d’arrêt de travail en signe de solidarité avec leur collègue.

Dans un CEM de la même localité, une enseignante de physique, pendant qu’elle dispensait sa leçon, a reçu un objet en pleine figure.

Un autre professeur de Tazmalt nous rapporte qu’un de ses collègues a essuyé une chapelet d’injures et d’intimidations de la part d’un élève.

Pour couronner le tout, il a été molesté à la sortie de l’école par le frère aîné du potache. l’enseignant en question s’en est tiré avec deux semaines d’incapacité de travail.

A en croire de nombreux témoignages, le cas de ces éducateurs laminés par des élèves ou par leurs proches, déguisés en Rambo revu et corrigé, sont légion.

N. M.