Après la décrue, le pillage du Sahel reprend

A peine l’oued Sahel a-t-il connu sa décrue, que les pilleurs de sable ont sauté sur l’aubaine à coups de pelles. Ce n’est pas un hasard si ces derniers ont agi promptement. Bien entendu, la raison en est toute simple : la crue de cet oued a charrié des tonnes et des tonnes de sable et par la même occasion, a comblé les cratères et autres alluvions laissés par les pilleurs qui extrayaient sans relâche et sans être jamais inquiétés. Au rythme où vont les choses, le lit de ce cours d’eau risque de revenir à son état initial, c’est-à-dire défiguré, avec des trous et des tranchées qui se rempliront à nouveau d’eaux usées et nauséabondes plus tard. Cette « manne » semble même attirer les convoitises de jeunes adolescents entre 15-16 ans et qui sont même, pour certains encore scolarisés. Apparemment, les vacances pour ceux-là sont faits pour bosser, histoire de glaner quelques sous. En effet, ils sont là, sur les berges de oued Sahel, à attendre, pelles sur les épaules, les tracteurs pour remplir les remorques à raison de

1 000 DA le plein. Quant à la revente, elle tourne autour de

2 500 à 3 000 DA. L’on est, à s’y méprendre, devant un cas de travail des enfants. Toutefois, les conditions de vie, le chômage qui va crescendo et les besoins vitaux qui vont en grandissant, ne laissent pas beaucoup de choix à ces adolescents contraints, à leur corps défendant, de sacrifier même leurs vacances !

S. Y.