Avez-vous 1 dinar ?

Les pièces de monnaie se font de plus en plus rares. Il est vrai que les pièces de 20 et de 50 centimes ont disparu depuis belle lurette, mais ces pièces font déjà partie du passé.

Aujourd’hui ce sont les autres pièces que l’on ne retrouve plus ou que l’on trouve au compte goutte, surtout celles de 1, 2 et 5 dinars. En tout cas, c’est ce que disent les commerçants quand ils vous rendent la monnaie : ‘’Je m’excuse mais je n’ai pas 1 dinar » ou ‘’je n’ai pas 2 dinars ». Certains y vont même de leur petit commentaire : ‘’La banque d’Algérie n’en met plus en circulation ! »

Les pharmaciens sont presque les seuls à rendre la monnaie rubis sur ongle : c’est chez eux que l’on retrouve parfois les pièces de 20, 10 et 50 centimes. Est-ce parce que leurs prix sont donnés au centime près ? — Peut-être ! Mais alors, si les autres commerçants ne sont pas tenus à des prix aussi pointilleux, pourquoi affichent-il des prix au centime près ?

‘’Allah ghaleb, répondent-ils quand on leur pose la question, c’est la vérité des prix ! » Alors, est-on tenté de répondre, pourquoi ne pas pousser cette vérité jusqu’au bout ? ‘’Tu affiches 99,50 dinars, dit ce brave homme, tu dois rendre, quand tu rends la monnaie, sur cent dinars 50 DA ! » C’est négligeable 0,50 centimes ou 1 dinars, mais sur cent clients c’est 50 dinars en 100 de pris. Et si cette histoire de monnaie qui se fait rare n’est qu’un coup de certains commerçants pour arrondir leurs marges bénéficiaires, des marges sur lesquelles on ne paye pas d’impôts ?

S. Aït Larba