Désastreuse ! Catastrophique ! Les termes ne suffiront peut-être pas pour qualifier la situation de délabrement avancée où se retrouve étrangement un établissement scolaire.
En effet, il sera certainement difficile, plutôt impossible, de mettre nos lecteurs dans l’image réelle tant cette réalité est toute prête de l’irréel, tant le mal est profond. On se demande comment un tel lieu, noble de surcroît, peut subir de telles affres. Il s’agit de l’état piteux ou plus que vit l’école primaire d’Aït Abdelmoumène I, cette école qui a formé plusieurs génération, de laquelle sont sortis les cadres intellectuels du village. Le plus peuplé de la commune de Tizi n’Tleta, dans la daïra des Ouadhias. Il est dans un état très lamentable. Invité pour effectuer une visite sur les lieux, nous avons pu constater de visu l’étendue du mal qui ronge cet établissement.
Les sanitaires, qui sont dans un état d’insalubrité et de dégradation totale, représentent un danger permanent et un grand risque d’épidémie. L’étanchéité des classes est détériorée, impliquant de mauvaises conditions de travail à cause des infiltrations d’eaux usées et pluviales ; des classes sans mobilier ni porte et une décharge qui déborde et des ordures qui s’accumulent sont, entre autres, les éléments qui renseignent sur l’énorme retard qu’accuse cette école.
La galère de la communauté de l’école primaire Aït Abdelmoumène I a atteint son apogée durant la présente année — qui n’a pas dérogé à la règle — et ce ne sont nullement les rapports qui manquent. « J’ai le regret de vous faire part (NDRL au wali de Tizi Ouzou) de l’effondrement d’une partie du plancher d’une classe au niveau de cet établissement pendant la matinée du mardi 20 mars 2007 », écrit le P/APC de Tizi n’Tleta, M. Hocine Souam, dans une lettre adressée au wali de Tizi Ouzou (dont une copie nous est parvenue). « Cet état de fait a suscité une vive réaction aussi bien chez la population que chez les parents d’élèves. Des pertes humaines on failli avoir lieu. Fort heureusement, les élèves étaient en période de vacances de printemps. L’effondrement du plancher est dû au vieillissement de l’étanchéité que nous avons déclaré à maintes reprises », ajoute M. Souam avant de lancer un « SOS de détresse auprès de votre autorité (NDLR, le wali) pour la prise en charge financière de la réfection de l’état délabré de l’établissement ».
Pour leur part, les parents d’élèves dudit établissement ont décidé de réagir. Selon des informations de sources bien au fait du dossier, ils ont décidé, lors d’une réunion programmée et tenue à l’intérieur de l’enceinte de l’école, et à la majorité des présents, de déclencher une grève illimitée à compter du premier avril « si les préoccupations de leurs enfants ne sont pas prises en considération par les hautes autorités de l’Etat », dira l’un des parents d’élèves présent à la réunion. Nous y reviendrons.
A. Z.
