Le pionnier du chaâbi à Lakhdaria

En collaboration avec la Direction de la culture de la wilaya de Bouira, l’Association culturelle « Abderrahmane Thaâlibi » de Lakhdaria a rendu cette fin de week-end, un hommage à un des pionniers de la chanson et musique, Chaâbi en l’occurrence le défunt Mohamed Bettahar. Le jeune prodigue, né à Lakhdaria un 2 février 1948, a étudié dans sa ville natale. En 1964 alors qu’il avait 16 ans, son frère alors coiffeur dans un salon du café du peuple le prit comme apprenti coiffeur et lui achète par la même occasion une guitare. En 1966, il quitte Lakhdaria pour s’installer rue de Tripoli à Hussein Dey.

Là, tout en exerçant son métier, il adhère aux SMA et s’inscrit dans une école de musique à Ruisseau où côtoyant les cheikhs, il s’initie à cette musique tant désirée, le Chaâbi. Tous les lundis, journées de congé, il rentre dans son village natal où il inculque son savoir à plusieurs jeunes de Lakhdaria. En 1974, il dirige un groupe musical « Chaâbi » et participe au premier festival de musique Andalou tenu à Tlemcen. En 1984, malade et affaibli, il interrompit toutes activités et décède le 21 août 2001. A cet effet, un véritable marathan a été entrepris par la commission préparatoire de cette journée d’hommage à un des siens pour être fin prêt le jour « J ». Une fois de plus, les membres de l’équipe dirigeante de l’association ont démontré leur engagement pour une culture généralisée dans la région et leur savoir-faire et le succès obtenu ce jour, en est la preuve. C’est en présence du directeur de wilaya de la culture, du responsable de la commission culturelle de l’APW, du président de l’APC de Zberbar et d’un nombreux public, que la salle des fêtes « Djerrah » a vibré durant plus de 4 heures. Un programme riche en interventions a été présenté à une assistance de connaisseurs. En plus de la prestation du groupe musical de l’association de plusieurs récitals et d’une intervention de la chorale polyphonique de l’institut régional de la wilaya de Bouira, le groupe musical Aït Kara de Bouira a fait un véritable tabac et a été longuement ovationné.

Le point fort de la soirée a été sans doute la participation d’Abdelkader Cherchem, un véritable professionnel – un des anciens du Chaâbi ayant côtoyé le regretté maître de la chanson Chaâbi El Had M’hamed El Anka – et actuellement responsable d’une école de musique à Alger. Comme il a été remarqué la présence de El Hadi El Anka fils du maître, au scinte. Cette journée, véritable et vibrant hommage au disparu a redonné, selon plusieurs avis de personnes présentes, un nouveau souffle à la culture dans la région, et émettent le vœu de redoubler d’efforts et surtout travailler davantage sur la communication et l’information. Pour clôturer cette journée mémorable, plusieurs cadeaux symboliques ont été remis aux artistes invités d’Alger ainsi qu’à la famille du défunt. Nous avons appris de source locale qu’une visite de recueillement sur la tombe du regretté Cheikh Enador, de son vrai nom Saïdj Mustapha, enterré à Ouled Bellèmou dans la wilaya de Boumerdès et maître d’El Hadj M’hamed El Anka, sera programmée ultérieurement par El Hadi El Anka.

Ath Mouhoub