La généralisation du chèque bancaire, seule issue à la fraude

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Le sujet inhérent au blanchiment d’argent et la lutte contre ce phénomène transnational revient toujours avec plus d’acuité dans notre pays. En dépit de l’arsenal judiciaire et du dispositif législatif qui a été amendé à plusieurs reprises pour le mettre en conformité avec les lois internationales, les choses évoluent très lentement et le problème s’impose sous de multiples facettes.

En effet, plusieurs mesures sont mises en place par le gouvernement pour la lutte contre le blanchiment d’argent et la surveillance de toutes les transactions financières, à l’instar de la création de la Cellule de traitement du renseignement financier qui travaille en coordination avec plusieurs organismes internationaux autour du blanchiment d’argent et l’adoption d’une loi de prévention du blanchiment d’argent en février 2005 ainsi que la législation de la Banque d’Algérie en décembre 2005, promulguée par le Conseil du crédit et de la monnaie concernant le contrôle et le suivi qui inclut toutes les banques et les institutions financières du pays. Toutefois, le gel par le même gouvernement d’une mesure fort importante consistant en l’obligation d’utiliser le chèque dans les transactions commerciales supérieures ou égales à 50 000 dinars et destinée à la lutte contre le blanchiment d’argent, freine grandement cette volonté de combattre la fraude sous toutes ses formes.

Lors de son passage hier sur les ondes de la Chaîne III, Abdelmadjid Amghar, président de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), installée en mars 2004, et qui s’occupe essentiellement de la collecte d’informations financières et la réalisation d’enquêtes sur le terrain, a mis en exergue ce problème en tentant d’expliquer les raisons qui ont mené à l’enterrement d’un texte d’une telle importance.

Ce texte que  » nous serons obligés un jour ou l’autre obligés de déterrer  » n’est pas applicable pour un certain nombre de considérations objectives telles que la désorganisation qui caractérise le marché et la non-bancarisation d’un certain nombre de secteurs « . Pour sa mise en vigueur, il citera comme préalable l’organisation du marché et l’ouverture par les opérateurs économiques de comptes bancaires afin de les pousser à recourir aux chèques pour effectuer leurs transactions.

Expliquant que cette situation qui fait que  » tous les mouvements qui dépassent une certaine somme sont déclarés à la CTRF même si la traçabilité n’est pas de mise à partir du moment où le texte qui prévoit toutes les transactions commerciales devaient se faire par des moyens bancaires est gelée  » donne beaucoup plus du travail au CTRF qui développe ainsi plus d’efforts, il dira, dans une tentative de rassurer les citoyens, que ses services procèdent par d’autres mécanismes qu’il préfère taire pour le moment.

En ce qui concerne l’efficacité des dispositions mises en place par les pouvoirs publics afin d’endiguer ce phénomène multinational, M.Amghar se montrera optimiste et exprimera son satisfecit quant aux résultats de l’arsenal réglementaire adopté, notamment la création de la CTRF mais demandera toutefois  » un peu plus de temps  » pour cet organisme afin de voir son efficacité prouvée sur la terrain. Il indiquera dans ce sillage qu’  » il faut laisser le temps à cet organe de prendre son essor pour répondre aux préoccupations de l’Algérie dans le domaine « .

Abordant les liens qui se sont avérés très forts entre le phénomène du blanchiment d’argent et le financement des réseaux terroristes, l’invité de la radio avouera que les criminels maintiennent toujours une longueur d’avance et ne cessent de créer des procédés nouveaux au fur et à mesure que les pouvoirs publics trouvent des remèdes. M.Amghar clôturera son intervention sur une note de réalisme qui reflète la difficulté de la tâche assignée aux institutions concernées par la lutte contre la fraude et s’exprimera en ces termes  » nous ne crions pas victoire, nous voyons les expériences des autres pays, nous nous enrichissons de leurs expériences d’autant que c’est lié au terrorisme « .

H. Hayet

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