Tayeb Igavach, chanteur-militant au service de la liberté

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Tayeb Igavach a présenté mercredi dernier, au cours d’une conférence de presse donnée dans les locaux de notre bureau régional de Béjaïa, son dernier CD audio intitulé Kabyliberté, contraction qui renferme un phénomène puisque, explique-t-il “qui dit Kabylie dit Liberté”. Le produit qui n’est malheureusement pas encore en vente en Algérie, comprend 11 chansons et un instrumental de très bonne facture. Ichoumar (les barbus ou “obscurs intégristes) est la chanson que l’auteur a mis en exergue. si le teste en est très corrosif à l’endroit des hordes barbares, l’air, quant à lui est une reprise améliorée d’une chanson très ancienne puisée dans le patrimoine culturel kabyle Akekmoune cher Itarene. D’ailleurs, un bon nombre des airs des chansons de Tayeb Igavach sont empruntés à ce patrimoine musical kabyle. L’artiste apporte des textes où chaque mot est minutieusement choisi pour sa valeur sémantique, et adapté à des musiques anciennes qu’il fait jouer avec des instruments modernes. Et le résultat obtenu est si merveilleux qu’on ne se lasse jamais d’écouter le CD. Le seul reproche que le public pourrait adresser au chanteur est que celui-ci dans son élan légitime de combattre ceux qui endeuillé le pays, semble confondre parfois dans ses chansons le kamis des hordes sanguinaires qui tentent de faire entrer un islam nouveau dans le pays avec la gandoura que les Algériens ont porté depuis plus de 14 siècles. En réponse à la question d’un journaliste, le chanteur donne le sens de son nom d’artiste : Igavach, indique-t-il, signifie en français “outils agraires” qui servent à élaguer et à enlever tout ce qui est inutile. Tayeb Igavach dont la musique et les chansons sont beaucoup appréciés en France et ailleurs a quitté le pays au milieu des années 70, c’est-à-dire au moment où était bâillonné sur la place culturel et au moment où le grand militant de la cause amazighe, Mohamed Haroun était jeté en prison-aussi pour exprimer sa révolte, c’est tout naturellement qu’il a eu comme compagnon de lutte, l’autre grand révolté Matoub Lounès. Au cours de son intervention, le chanteur a indiqué que ses CD et cassettes seront bientôt en vente chez les disquaires en Algérie, et que probablement lors de l’été prochain, il organisera au stade de Béjaîa un mégaconcert où les entrées seront gratuites.

B. Mouhoub

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