Brahim Tayeb émerveille le public

Qui peut et pourra résister, rien qu’en écoutant les paroles de l’amour et la douceur de la musique, qui déchirent chaque cœur d’un fan, aux déclamations de l’artiste Brahim Tayeb ? Ce dernier a fait trembler la salle El-Mouggar, hier, à Alger, dans le cadre d’Alger capitale de la culture arabe et de la semaine culturelle de la wilayas de Tiz Ouzou. Comme pour planter le décor, le tempo a été donné par la chorale musicale d’Abzim de Sid Ali Bounab, présidée par Ali Ighil Mellah. Elle a rendu un hommage appuyé à Marguerite Taos Amrouche en interprétant la chanson de l’artiste populaire Oulahlou, ainsi que d’autres chansons tirées du terroir kabyle. Les présents ont eu droit à un voyage initiatique à travers les chants immémoriaux nos aïeux. Suivi par le groupe de de la danse folklorique de Taourirth Mokrane, composé, de jeunes garçons et filles cette troupe a suscité la complicité des fêtards où une ambiance de feux a rythmé les ovations, les youyous des femmes et le sifflement des spectateurs. Tant attendu par son public venu de partout, entre l’algérois et le kabyle, le chanteur mythique de Ussaneni et Inthass a fait une entrée triomphale sur la scène sous un tonnerre d’applaudissement assourdissant. Un signe de reconnaissance d’un public connaisseur. Le chanteur adulé des jeunes a entonné ensuite les plus célèbres chansons de son répertoire à l’instar de Chubaghk ( je te pris pour quelqu’un d’autres), et Ussan-ni ( les jours d’autrefois). De purs chefs-d’œuvres d’un artiste qui n’arrête pas d‘émerveiller son public. Le clou du spectacle lorsque Brahim Tayeb entonne de sa voix suave Inthass, une chanson exhumée des fins fonds de son âme. A ces airs languissants, le public répond par une complicité sans faille, quasiment conquis et subjugué. Avec un charme envoûtant et un tact connaisseur, il demande au public de répéter en même temps que lui. Des centaines de voix s’élèvent à l’unisson pour reprendre en chœur avec cette phrase clé,  » Intass-ma-tebgha « . L’effet du kaléidoscope donne plus de mesure et de poids au spectacle, placé sous le signe des métissages de sa culture. Pour gratifier ses fans d’instants magiques et mystiques à la fois, l’idole des jeunes, a rendu hommage au chanteur français Georges Brassens en interprétant une de ses chansons dans la langue de Molière. Les spectateurs encore sous le charme ont écouté dans un silence religieux et dans une atmosphère enjouée la dernière chanson  » Di-laman « . Un hymne poignant et pathétique à la séparation des cœurs éplorées. Des refrains merveilleusement entonnés par les nuitards qui ont accompagnés le chanteur dans ses derniers airs. Le spectacle a pris fin dans l’euphorie et la conviction des spectateurs de voir et d’écouter leur chanteur préféré dans d’autres occasions. Chacun est reparti satisfait et rêveur…

Nabila Bel.