Les travailleurs du CEM nouveau de Ouaguenoun, sis à Tikobaïn, ont observé depuis dimanche dernier, une grève générale de trois jours pour dénoncer l’état de dégradation qui caractérisait cet établissement. Tous les travailleurs ont répondu favorablement à l’appel de la section syndicale de l’UGTA et le CEM a été paralysé. Une virée sur les lieux nous a permis de prendre contact avec les protestataires. Aussitôt, une réunion a été improvisée dans l’une des salles de cette école. Pendant notre présence, les travailleurs ne cessaient de dénoncer l’état de dégradation du CEM : « Nous faisons à notre compte le tirage des sujets des examens, car dans l’établissement, il n’existe aucun moyen », s’exclame un jeune enseignant. Le débrayage observé était le dernier recoures du fait que la section syndicale de l’UGTA a adressé plusieurs rapports depuis décembre dernier que ce soit au directeur du CEM ou au DE de Tizi Ouzou. Ces rapports sont suivis d’une plate-forme de revendications. Entre autres, les travailleurs soulèvent le manque de tables de bibliothèque, moyens de tirage salle pour les enseignants … etc.
Un représentant de ces travailleurs nous a invité à constater de visu, l’état de dégradation de l’école selon lui, à chaque averse, les classes se trouvent inondées, par les eaux. Les laboratoires sont dans un état lamentable et la plupart des salle de cours ne se ferment pas. Plus loin, il nous montre la salle de cours n° 05, touchée il y a près de 3 mois par un incendie, suite à l’utilisation d’un poêle à mazout. La salle en question est toujours sinistrée, une épaisse couche de suie noire recouvre le sol et les murs. Les protestataires menacent de hausser le ton si la situation de l’établissement perdure : « s’il n’y aura pas de suites favorables, nous allons boycotter les prochains examens » menace un enseignant. D’autres sources nous ont parlé d’un différend entre le directeur et le gérant du collège, ce qui a augmenté la détérioration de ce dernier.
Contacté M. Hamoutene, le S. G. du SETE, affilié à l’UGTA, déclare que le mutisme de la direction de wilaya ne fait qu’aggraver les choses. Il déclare qu’en plus de Ouaguenoun, d’autres grèves seront enclenchés à Draâ El Mizan et Ifarhounene, si les revendications des travailleurs ne seront pas satisfaites. Aux dernières nouvelles, nous apprenons qu’une commission de wilaya, dégagée par la direction de l’éducation, s’est déplacée dans le CEM et que le directeur et le gestionnaire de cette école auraient été suspendus.
Mourad Hammami
