Les étudiants livrés à eux-mêmes

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Les premiers à être pénalisés par la grève des transporteurs universitaires à laquelle a appelé l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), entamée depuis le mercredi 4 avril, ce sont les étudiants de l’université Abderhamane-Mira de Béjaïa. Qu’ils soient résidants dans les cités universitaires ou habitant le centre-ville, ces derniers subissent les conséquences de ce débrayage, qui en est encore à ses premiers jours. Au troisième jour de ce mouvement de contestation, l’université est totalement vidée de ses étudiants en cette matinée du samedi, et c’est à peine si les amphis sont ouverts. La plupart d’entre-eux, originaires des localités avoisinantes, ont préféré prolonger leur week-end et ne venir que dimanche ou lundi. Seuls ceux du centre-ville et des cités universitaires les plus proches, à savoir Targua Ouzemour, 1000 lits, 17 Octobre, et celles d’Ihaddaden, ont pu assisté, tant bien que mal, aux premiers cours programmés à 8h… A 9h de la journée du samedi, le campus d’Aboudaou était presque déserté. Il fallait attendre 10h30 pour voir les premiers arrivés. Un calme total y régnait. A l’entrée du parc universitaire de Targua Ouzemour, réservé aux COUS, un groupe d’étudiants sont adossés au mur. Ils ont raté le premier TD de chimie. “Un enseignant chargé du module, feignant ignorer le problème du transport, n’a pas toléré un retard de 10 minutes”, dira l’un deux et d’ajouter que la faute ne leur incombe pas, puisque la volonté ne leur a pas fait défaut. Saïd, étudiant en première année chimie, clame à haute voix que la majorité des étudiants étaient épinglés par le souci d’argent.

La grève a coïncidé avec la fin de la semaine.

Au centre-ville de Béjaïa, les arrêts de “COUS” n’ont pas connu une ruée en cette première journée de la semaine, comme il est de coutume, car les étudiants savaient que les transporteurs allaient camper sur leurs décisions et que cet arrêt de travail qu’ils observent depuis mercredi passé, à leur détriment, durera dans le temps. C’est au niveau des résidences universitaires qu’un empressement est signalé. Les filles et garçons se sentaient dans l’obligation de recourir au transport privé.

Certains ont carrément regagné leurs chambres, faisant mine de comprendre la situation délicate des transporteurs. Approchés, ces derniers nous ont exprimé leurs colères non contre les transporteurs grévistes, mais à l’égard des membres du bureau communal, représentant les 140 propriétaires de bus à l’arrêt. “Ils auraient pu nous consulter au préalable pour prendre des mesures afin d’assurer un service minimum”, nous dira-t-on. Et d’ajouter que “si le mot d’ordre à la grève se maintient dans les jours à venir, on sera obligés de boycotter les cours” dira Dalila, étudiante à Aboudaou et résidante à la cité 1000 lits.

Sans trop hésiter, cette jeune fille, après un calcul rapide, nous lance qu’elle est appelé à dépenser 50 DA dans les transports privés rapide pour arriver à l’heure. Et plus de 100 DA pour ceux qui viennent de Sidi Aïch et les environs. D’ailleurs, les plus avertis ont limité leurs sorties, pourvu que la petite bourse ne fléchira pas davantage. Pour qui profite cette situation : Ce repos imposé leur permettra de reprendre haleine et de rattraper les cours ratés. De leurs côtés, les transporteurs se sont réunis dans l’après-midi de la journée de samedi passé pour envisager d’autres actions d’envergures. Du rassemblement, la corporation a établi de suite une autre déclaration où les quatre revendications ont été rappelées. Dans ce document, les grévistes interpellent les pouvoirs publics “pour solutionner leurs revendications légitimes, après s’être confronté au mutisme de la Direction des œuvres universitaires de la wilaya de Béjaïa (D.O.U.B)”. Il s’agit, pour rappel, de régler leurs dettes concernant des marchés soumissionnés, datant des mois de mars jusqu’à décembre de l’année écoulée. Selon le premier responsable du bureau communal, M. Azib, la grève suivie à 99%, se poursuivra jusqu’à satisfaction entière des quatre doléances.

Fatiha L.

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