Le conflit qui oppose la direction de Naftal aux exploitants des stations-services, n’est apparemment pas prêt de connaître son épilogue. En effet, dans un communiqué parvenu à notre rédaction, les gérants de ces stations n’ont pas du tout ménagé la société Naftal. Et pour cause, le tout nouveau contrat que la société nationale Naftal prétend négocier avec les gérants de ces stations, a été qualifiée de « manœuvre de désinformation » de la part de celle-ci. Plus incisif, les rédacteurs de ce communiqué ont fait savoir que l’unique rencontre avec les dirigeants de Naftal, à la fin de mois janvier passé, « est loin d’avoir pu résoudre quoi que soit de fondamental ». La direction générale, ajoute le communiqué, a soumis pour étude, « un protocole de concertation », mettant en place des structures au niveau local ( districts/ délégués régionaux) et national ( direction générale/ Bureau national), au fins de traiter les difficultés auxquelles les exploitants libres sont confrontés. Le document en question, est perçu par la fédération comme une « énième tentative de faire valider implicitement le périlleux régime de la location-gérance ». Considéré
« non signé », le protocole ne doit, aux yeux des responsables de la fédération des exploitants libres, en aucun cas être appréhendé comme l’amorce d’une quelconque règlement, précise-elle. Pour mémoire, le contrat que veut instaurer la Naftal aux gérants de ces stations est de nature de location-gérance et pour une durée de 3 ans. Une chose que ces derniers ne veulent même pas entendre. Contacté hier, M Aiouaz porte parole de cette fédération, a tenu à nous préciser que ledit contrat, a des conséquences des plus désastreuses pour sa corporation. En effet, selon notre interlocuteur, la notion « location-gérance », dans le code du commerce, prévoit que la relation contractuelle peut être rompue à tout moment, et l’éventuelle suppression de ces stations pour cause de travaux public, seul Naftal pourra bénéficier des indemnités. Cette formule de gestion, selon M Aiouaz, «pénalise les exploitants, en ce sens que ces contrats ne prennent en considération que les intérêts de Naftal». Tout en qualifiant le contrat de «coupe-gorge», le porte-parole de ladite fédération nous a signalé que des rencontres régionales ont été tenues ces derniers temps par les gérants de ces stations. Il s’agit selon la même source de celle de l’Est qui s’est déroulée le 29 mars passé, et celle de l’Ouest le 24 du même mois. Pour ce qui de l’Algérois et la Kabylie, l’assemblée générale va se dérouler la semaine prochaine.
De son côté, Naftal, qui est l’unique entreprise de distribution des produits pétroliers dans notre pays, a tenu, lors de ses dernières sorties médiatiques a revoir sa positions, et ce, en voyant que ce nouveau contrat location-gérance, est beaucoup plus souple, et tout à l’avantage des exploitants libres. A cet effet, elle a tenu à rappeler la partie antagoniste que les nouvelles dispositions dudit contrat stipulent bel et bien que la durée du contrat est «indéterminée» au lieu d’être limitée à trois années. En effet, Naftal, tout en restant le propriétaire légal de ces stations, a exclu toute éventualité de récupération de ces stations par l’entreprise. Pour de plus amples informations, on a voulu prendre attache avec la direction de Naftal. Mais nos tentatives sont restées vaines.
Salah Benreguia.
