Quatre jours après les attentats d’Alger, le président Bouteflika va enfin apparaître publiquement aujourd’hui, pour, officiellement, inspecter certaines réalisations dans la capitale, avant de s’envoler demain pour Constantine à l’occasion de la célébration de la Journée du savoir et prononcer un discours à l’occasion.
Les services de presse de la Présidence de la République n’ont pas donné plus de détails sur ces sorties, se contentant, comme d’habitude, d’enregistrer les noms des journalistes à accréditer. Mais la virée algéroise de Abdelaziz Bouteflika va, au moins, permettre son retour sur la scène publique, lui qui n’a pas fait de sortie depuis plusieurs mois, excepté sa dernière participation au sommet arabe de Ryadh, à la fin du mois de mars dernier. Parlera-t-il des attentats qui avaient endeuillé Alger ? Donnera-t-il un nouveau cap à la lutte antiterroriste ? Rien n’est sûr, d’autant plus que le chef de l’Etat est imprévisible dans ses interventions publiques. Juste après les attentats d’Alger, notamment celui qui avait ciblé le Palais du gouvernement, tous les regards se sont braqués sur El-Mouradia, guettant une réaction du chef de l’Etat. Rien. Même lorsqu’il a reçu le président du Conseil consultatif tunisien et le nouvel ambassadeur de Russie, le président, qui avait une mine grave, n’avait soufflé mot. Pas plus qu’il n’avait annulé un rendez-vous, pourtant, purement protocolaire.
Ce silence assourdissant a donné lieu à de multiples commentaires de la presse nationale et internationale qui s’est interrogée sur cette absence, au moment où les Algériens attendaient un geste fort de la part du Premier responsable du pays. Même les interventions, dont l’une immédiate, de Abdelaziz Belkhadem, n’ont pas mis fin à cette absence de réaction au plus haut sommet de l’Etat. Et les supputations ont été, notamment, accentuées par les dénonciations exprimées par la majorité des chefs d’Etat du monde entier, allant des USA, à la Russie, à la France jusqu’aux pays voisins.
Mettra-t-il fin à cette situation ? Les sorties d’aujourd’hui et de demain donneront la réponse.
Ali Boukhlef
