Cinq ans de prison ferme pour tentative d’homicide volontaire

De retour d’un gala où ils n’ont pas pu y accédé faute d’argent, trois camarades d’un même quartier de Béjaïa, à bord d’une moto CMB, s’arrêtent à Aâch El Vaz, lieudit situé à équidistance entre le village balnéaire qu’ils venaient de quitter et Boulimat, l’autre plage de la côte ouest de Béjaïa. La moto ne voulait pas redémarrer, BN, un membre du trio qui sera absent à l’audience, tente de rallumer le moteur en poussant la moto.

A son retour, il trouve, selon la Défense, KF étalé par terre, connaissance avec un trou à la poitrine et SSA se tenant la tête de regrets.

C’est cette affaire où SSA est accusé de tentative d’homicide volontaire que le tribunal criminel près la Cour de Béjaïa a examiné dans sa séance de lundi.

Mettant en exergue l’intention bien nette de l’accusé de mettre fin aux jours de la victime, le représentant du ministère public a requis la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Mais après délibération, le Président du tribunal n’a retenu que le verdict de cinq ans de prison ferme.

Les faits remontent à la nuit du 9 août 2006 lorsque dans la crique paradisiaque de Aâch El Vaz, sur RN24 à une trentaine de kilomètres de Béjaïa, alors que BN s’est éloigné pour remettre en marche le moteur de la moto, SSA 18 ans et 2 mois reprochait à son camarade K. F., âgé de 18 ans moins 2 mois de se saouler ou bien de lui rembourser la somme de 16 000 DA qu’il lui avait prêtée. Et n’obtenant pas de réponse conforme à son goût, SSA sort alors du couffin que tenait K. F. un couteau de cuisine, d’après ses propres dires, et le plonge dans la poitrine de la victime. Ce coup qui a causé une blessure de trois centièmes de long, a touché le poumon gauche de la victime. Et le médecin de l’hôpital où il fut évacué a prescrit un arrêt de travail de 30 jours. Appelé à la barre, K. F. dira à propos de son agresseur, SSA, qu’il le connaît bien puisqu’il est de son quartier. Il dira aussi que ce dernier a l’habitude de le raquetter. « Je ne lui dois absolument rien. Il ne travaille pas et moi je vends des vêtements au marché. Et comme il est plus fort que moi, il me prend à chaque fois 2 ou 3000 DA. Une fois il m’a même enlevé de force mon portable ».

Interrogés par le président du tribunal,les pères de ces deux antagonistes ont confirmé qu’ils s’étaient déjà rencontrés au commissariat — et SSA a rendu son portable à K. F.

Au cours de sa plaidoirie, Maître Boualem Terki qui assure la défense de l’accusé, mettra l’accent sur le fait qu’il n’y va de l’intérêt de personne de créer, par la condamnation de l’accusé, de l’animosité entre les deux familles qui sont du même quartier qui se connaissent bien et se respectent. Par la suite, il dira en substance qu’en d’autres circonstances, un tel différend entre les deux jeunes serait réglé par une paire de gifles ou un simple échange de coups de poings. Ici, indique-t-il, l’accusé a frappé sur un coup de colère, avec un couteau de cuisine qu’il avait dans le couffin, non pour frapper son ami mais, pour éplucher des pommes de terre dans la tente.

Il plaidera aussi avec beaucoup d’insistance la requalification de l’accusation de coups et blessures volontaires.

Et aux termes de son intervention, il demandera au président du tribunal l’application des circonstances atténuantes les plus larges au bénéfice de son client.

B. Mouhoub