l C’est sur fond de kerkabou que le Salon du livre, le premier, a ouvert ses stands à un public pas forcément habitué à des manifestations d’ordre intellectuel. Mais, il y a un début à tout, et ce début prometteur est à attribuer à la direction de la culture franchement décidée à sortir de ce marasme. Le Salon, auquel a été conviée une vingtaine d’éditeurs, a été “inséré’’ entre deux manifestations du «chahr el Tourath (le mois du patrimoine)» (du 18 avril au 18 mai), une expression mensuelle qui, dans la forme, se veut “réhabilatrice” du Printemps Berbère, le printemps catalyseur, Alors que dans le fond, le “chahr el Tourath” est mis en place pour noyer la contestation et l’intransigeance du Printemps berbère. Il fonctionne comme une sorte de pépinière pour empêcher toute action revendicatrice.
Cela dit, la culture ne s’encombre d’aucune coquetterie politique, elle fait feu de tout bois. Et c’est en ce sens que ce mois du patrimoine a, malgré lui, a apporté un plus.
A lui tout seul, le Salon du livre a permis aux Bouiris de rompre avec la monotonie et à feuilleter un livre, devant tel ou tel stand. Et ils étaient relativement nombreux, d’autant que, pour une fois, ils n’avaient pas à surfer uniquement entre le livre religieux et les recettes de cuisines. Des romans dans les trois langues, des productions spécialisées, des recueils de poèmes…attiraient un lectorat qui semblait apprécier ce foisonnement de livres.
Les éditeurs exposants semblent avoir aussi trouvé leurs comptes. Mezaoui Hamid (les éditions Le Savoir) positive en gros la manifestation, même s’il a enregistré un manquement notamment en matière d’information. L’éditeur estime que le plus important est que les choses bougent et qu’il ne faut surtout pas baisser les bras.
Quelles que soient les imperfections, l’organisation de ce premier Salon du livre ne peut être que salué. Pourvu que ça dure !
T. O.A
