l Six ans après avoir squatté des logements, de nombreuses familles sont encore dans la tourmente. La décision de les ester en justice par l’OPGI les met encore dans l’embarras. A Draâ El Mizan, à Boghni, à Frikat et à Tizi Ghennif, c’est le même sentiment relevé auprès de ces citoyens. D’ailleurs, pour ceux des trois premières localités précitées, le verdict a été rendu dans la plupart des dossiers traités par la justice jusqu’à ce jour : expulsion de tous. Cette décision fait peur à ceux de Tizi Ghennif, convoqués eux aussi pour comparaître devant la justice. Un groupe de citoyens de Tizi Ghennif se concertent déjà pour confier leur affaire à des avocats. Nous avons contacté certaines personnes. « La plupart des squatteurs sont venus des cités de regroupement. Il y a même des habitants de la cité dite de Gendarmerie qui est aujourd’hui démolie. Il faudrait que les autorités trouvent une sortie honorable à cette situation même si nous avions enfreint la loi. Car nous étions tous dans le besoin. On est prêt à désister des aides sociales à la condition qu’on nous régularise », nous a déclaré un squatteur.
Une autre personne qui avait fui son village en raison du terrorisme, dira : « Tous mes voisins ont quitté le village. Personne n’est revenu à ce jour. Je n’ai rien pour y retourner. Quitte à mourir ici que de sortir ». A Tizi Ghennif, la fièvre monte au sein de ce milieu de peur d’être expulsés. Certes, ces citoyens ont eu tort de recourir à cette extrémité, mais il est encore difficile de les expulser car les élus locaux ont peur d’avoir un autre problème sur les bras à quelques mois de l’expiration de leur mandat. « Des enfants nés sous ces toits sont aujourd’hui en première année primaire », nous a déclaré un squatteur à Draâ El Mizan. A méditer.
Amar Ouramdane
