Si Tazrout Aouaoudha demeure toujours une colline oubliée, son collège l’est encore plus. Ce sixième CEM de la commune de Draâ El Mizan souffre d’un manque flagrant en matière d’équipements et de moyens. Incendié en 1994 par un groupe terroriste, cet établissement est rénové de fond en comble. Malheureusement, les collégiens travaillent encore dans des conditions des plus difficiles. De nombreux parents se sont rapprochés de nous pour dire que si les résultats de leurs enfants n’étaient pas bons, cela est dû à plusieurs facteurs.
Pour en savoir plus sur cette situation qui perdure depuis des années, nous nous sommes rapprochés du directeur affecté depuis septembre dernier dans ce collège. “Depuis mon installation, j’ai essayé tout de même de mettre les élèves à l’aise. Au début les élèves s’asseyaient sur des tables dépourvues de planches en bois. les portes ne se fermaient pas. Nous avons vécu une situation des plus difficiles. Il a fallu de la gymnastique pour réaliser quelques réparations. On est à trente pour cent de réfectionné”, nous a dit M. Nacer Bey, car c’est de lui qu’il s’agit. A quelques semaines des examens de fin d’année, notre interlocuteur nous a appris que les manques réels sont : l’étanchéité, la clôture et bien sûr le manque d’eau. Pour ce dernier problème, ce responsable voit qu’il dépense une cagnotte importante du budget de fonctionnement. “Nous payons trop cher cette denrée indispensable pour une école. Nous achetons une citerne à raison de deux mille dinars”, a-t-il précisé à ce sujet. Tout au long de notre discussion, ce chef d’établissement nous a appris qu’il a réalisé des fiches techniques pour un projet d’étanchéité, pour la réalisation d’une clôture en dur et d’une bâche à eau. Ce dont souffrent ces collégiens est l’inexistence d’une cantine scolaire. Ce manque influe beaucoup sur les études de ces potaches, surtout que la plupart d’entre eux vient de milieux démunis. Combien de fois les avons-nous vu grignoter un quignon de pain sec à leur sortie des classes. Les parents, aussi bien que le responsable de l’établissement, attendent le lancement de la cantine, pourtant accordée au CEM de Tazrout. Il est important de signaler aussi qu’il n’y a aucune stabilité dans cette école.
On ne peut donc attendre des résultats dans des conditions de travail qui frisent la misère.
Amar Ouramdane
