Nicolas Sarkozy succède à Jacques Chirac

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Nicolas Sarkozy n’a pas fait dans le détail. Le candidat de l’UMP n’a pas seulement réussi le pari de devenir président de la République, mais il a aussi tenu la promesse de succéder à Jacques Chirac à la tête de la 5e puissance mondiale.

Donné favori par les sondages, le candidat de la droite a battu, ainsi, avec 54% des suffrages exprimés tous les scores de la droite, excepté le plébiscite de Chirac en 2002, depuis l’élection du général de Gaulle en 1965, lors de la première élection présidentielle au suffrage direct.

Aussitôt les résultats annoncés, les partisans de l’ancien ministre de l’Intérieur ont organisé un grand rassemblement Place de la Concorde au cœur de Paris pour célébrer leur champion.

Au-delà des chiffres, l’élection de Nicolas Sarkozy est loin d’être une surprise pour les observateurs français et internationaux qui le donnaient, déjà, favori depuis fort longtemps. Une impression confortée après l’épreuve du premier tour, le 22 avril dernier, lorsqu’il était arrivé en tête avec 31,9 % des suffrages, distançant sa rivale socialiste, Ségolène Royal, de 5 points. Un résultat qui plaçait le désormais président de la France dans une confortable posture pour arriver en tête lors de l’élection d’hier.

Mais avant d’en arriver là, le candidat de l’UMP, également parti majoritaire dans toutes les institutions depuis 2002, en attendant les élections législatives de juin prochain, a dû batailler dur malgré son statut de favori. Allant de meetings aux rencontres directes avec les Français, notamment les ouvriers, Nicolas Sarkozy n’a rien laissé au hasard. Même le possible ralliement du leader de l’UDF, François Bayrou, arrivé en troisième position avec 18,5 % des voix, ne l’a pas effrayé. Bien au contraire. Lorsque le candidat centriste débattait avec la candidate socialiste dans un palace parisien, le chef de l’UMP, lui, a préféré aller dans une usine rencontrer les travailleurs.  » Eux se réunissent dans un palace, mais, moi, je préfère m’adresser au peuple de France « , disait-il le 24 avril. C’est justement cette stratégie, qui consiste notamment à ne se soucier que des électeurs au détriment de leurs appareils politiques, qui a pesé dans la balance au profit de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Le très attendu débat entre les deux candidats qualifiés au second tour, diffusé le 2 mai dernier et suivi par 20 millions de téléspectateurs, n’a rien diminué à l’engagement de Sarkozy. Tandis que sa rivale était apparue plus pugnace et, parfois même agressive, lui était resté calme jusqu’à se mettre dans une posture de victime. Le verdict des sondages a confirmé le constat. Nicolas Sarkozy était jugé plus convaincant par la majorité des Français. Simple manipulation des médias ? Rien n’est exclu, d’autant que ses adversaires, à commencer par Ségolène Royal, lui reprochent sa proximité avec les médias et les grands patrons. Mais le verdict d’hier est plus clair. Nicolas Sarkozy est le sixième président de la Ve République française. En attendant, l’heureux élu prendra officiellement ses fonctions à partir du 17 mai prochain.

Ali Boukhlef

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