Continuant leur campagne électorale pour les législatives du 17 mai prochain, les candidats de l’alliance républicaine ANR – UDR ont été vendredi dernier les hôtes de la commune de Timizart. MM. Med Arezki Boumendil, Salah Tiza et Hacène Salah accompagnés de M. Dib, le sous-directeur de campagne au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, ont sillonné la région d’Ath Djennad en allant à la rencontre des citoyens à travers plusieurs villages : Berbère, Mira… pour ne citer que ceux-là. Ils ont fait des haltes dans pratiquement tous les cafés de la localité de Souk El Had, chef-lieu de la commune. A Timizart-village, ils ont assisté à un enterrement… « En tout on a rencontré plus de mille personnes » estime Hacène Salah. La tournée du jour pour les républicains s’est clôturée par une visite dans le village Abizar où ils ont animé une conférence-débat vers 19h. « Notre programme est basé sur l’économie » une conférence à travers laquelle les candidats de l’alliance ANR-UDR ont longuement étalé leur programme, un programme basé essentiellement sur l’économie estime Salah Tiza, le n°3 sur la liste commune ANR-UDR à Tizi Ouzou qui était le premier à prendre la parole, lors de son intervention, Tiza qui est en fait enfant du même village Abizar a promis que « la priorité de ses priorités » est de faire de ce grand village, lequel compte, faut-il le signaler au passage, plus de 16 000 habitants, un chef-lieu de commune. « Promu à ce rang, Abizar bénéficiera, cela va de soi, de plusieurs projet socio-économiques » a déclaré Tiza sous un tonnerre d’applaudissements. Tiza a souligné en outre que la démocratie est de permettre à tout le monde d’avoir accès aux richesses du pays en faisant référence aux différentes formules lancées par l’Etat à l’exemple de l’ANSEJ, une formule réservée jusqu’ici, estime-t-il aux pistonnés et aux privilégiés. Lui succédant, Hacène Salah a fait lors de sa brève allocution la même analyse pour arriver à une conclusion fracassante, disant que 8 jeunes sur 10 âgés de moins de 40 ans se retrouvent actuellement au chômage, pour lui la solution existe pourtant afin d’éradiquer le phénomène du chômage qui frappe de plein fouet la Kabylie notamment et qui est en outre la cause de tous les maux et fléaux sociaux. Il voit dans la création des petites et moyennes entreprises la clé de la sortie de crise « L’économie ce n’est pas le rideau ou le fourgon mais c’est plutôt la production » a déclaré le n°5 de la liste de l’alliance républicaine lequel s’est dit séduit par le saut et l’élan pris par la carte du Sud devenue, a-t-il dit, une puissance économique mondiale grâce à la petite et moyenne industrie industrie. M. Boumendil a donné l’exemple de la France pour convaincre un des intervenants qui demandait à l’ouverture du débat, des explications à ce sujet. « L’industrie lourde représente moins de 50% de l’économie française », lança Boumendil lequel avait axé son intervention lors de sa prise de parole sur le volet politique. « le RCD a négocié ses sièges avec le FLN » une intervention que la tête de liste de l’alliance républicaine à Tizi Ouzou a entamé en faisant le constat frappant du désintéressement affiché par la population envers la chose politique. Les meetings et les conférences sont de moins en moins suivis par les citoyens. « Vous avez pu certainement le constater à travers notamment les images transmises par la Télévision », a-t-il fait remarqué. « C’est que, dit-il les gens sont las de la politique », pour Boumendil, cela est compréhensible du fait que les politiciens n’ont pas été à la hauteur.
Ceux-ci a expliqué Boumendil, ont fait de la démocratie de vains mots, des promesses rarement tenues, les insultes sont devenus monnaie courante. « Non. La démocratie ce n’est pas ça. Notre alliance ne s’inscrit pas dans ce jeu. Nous sommes une force de propositions concrètes », explique encore l’enfant de Tarihant (Ouaguenoun), en enchaînant : « Il faut dépasser le cap de la division et reconnaître ses ennemis et ses adversaires » pour Boumendil, l’ennemi des républicains est pourtant commun. Il s’agit du courant islamo-conservateur qu’il faudra combattre et pourquoi pas éradiquer, pour ce faire, estime l’intervenant, il est impératif que toutes les forces modernistes du pays s’unissent. « On n’a pas encore atteint le stade où l’on doit se situer de gauche ou de la droite. L’urgence est d’abord de mettre la démocratie sur rail et d’instaurer une république démocratique », a-t-il conclu. Par ailleurs, Med Arezki Boumendil n’est pas allé par le dos de la cuillère pour dénoncer vers la fin de son intervention, les agissements du RCD contre son mouvement enregistré ces deux derniers jours. « Nous avons été hier (jeudi NDLR) à Azzefoun pour animer une conférence dans la salle des fêtes de la localité, à notre grande surprise nous avons trouvé celle-ci fermée alors que nous avions une autorisation. Toutes nos tentatives pour joindre un des responsables locaux sont restées vaines. Le même incident s’est repété aujourd’hui à Mekla, la salle omnisports qui devait abriter notre conférence a été également fermé. Le gardien de cette salle a curieusement disparu de la circulation. Nous savons qu’il a reçu des instructions des autorités locales. Comme par hasard ces deux communes sont gérées par le RCD, c’est donc clair », a déploré M. Boumendil ajoutant toutefois que l’alliance républicaine reste sereine. « On ne va pas se laisser faire ». Med Arezki Boumendil, a clôturé son intervention en s’adressant aux militants du FFS, tout en disant qu’il respectait la décision de ce parti de boycotter les élections, « un parti qu’il a d’ailleurs toujours respecté », a-t-il déclaré, néanmoins fait-il remarquer, cette action de boycott peut favoriser le RCD dans ce sens que l’absence du FFS, considéré comme la première force en Kabylie, jouera en faveur du parti de Saïd Saïdi. Boumendil a en outre clairement déclaré que le « RCD a bel et bien négocié le nombre de sièges avec le FLN ». Après un débat auquel ont participé bon nombre d’intervenants parmi l’assistance, la conférence a pris fin vers 22h.
M. O. B.
