l Les Touaregs vivant dans les immensités désertiques du nord du pays ont été écartés des principales décisions des pouvoirs publics, tant au niveau local que national. C’est ce qui ressort du communiqué émanant du Congrès mondial amazigh (CMA) parvenu hier à notre rédaction. » Ils ont subi et continuent de subir sur le plan socioéconomique et culturel l’exclusion et les discriminations multiformes « , ont tenu à préciser les rédacteurs de ce communiqué. Pis, ces derniers ont souligné que même les besoins fondamentaux tels que l’éducation, la santé, ainsi que l’accès à l’essentiel des droits sociaux de base leur font cruellement défaut. Selon le communiqué, au moment où les ressources naturelles, à savoir les gisements d’uranium et de charbon, qui sont d’ailleurs exploités par des firmes étrangères, se trouvent sur les territoires des Touareg, aucune retombée économique n’a été constatée, excepté « la pollution radioactive ». Le CMA, a indiqué à titre de rappel, que durant les années 90, la population locale » a protesté contre leur état de marginalisation et la spoliation de ses richesses « , une revendication à laquelle le gouvernement a réagi par la violence, faisant massacrer des milliers de personnes. Aux yeux du CMA, malgré les accords de paix qui ont été signés en 1995 entre le gouvernement et les représentants touaregs, » aucune application des textes n’a été enregistrée, excepté le volet sécuritaire « . Ces accords non appliqués, ont, si on se réfère au communiqué, emboîté le pas à d’autres émeutes, qui ont éclaté en 2004, et terminées, elles aussi, par des accords. Ceux-ci » sont partiellement satisfaits » précisent-ils.
C’est dans ce contexte alarmant que de jeunes touaregs ont créé en février 2007 le Mouvement nigérien pour la justice (MNJ). Celui-ci, a présenté à l’Etat nigérien un cahier de revendications politiques, économiques et sociales. Tout en mettant en garde le gouvernement nigérien contre le recours à l’option militaire, le CMA, qui se considère comme une ONG de défense des droits de la nation amazighe, » se tient naturellement et de manière indéfectible aux côtés de peuple touareg « . En somme, le CMA a saisi l’occasion pour interpeller la communauté internationale, particulièrement l’ONU et l’UE, afin qu’elle exige du gouvernement nigérien le strict respect du droit international.
R.N.
