La pomme de terre a disparu de la plupart des étals des marchands de fruits et légumes dans la ville de Aïn El Hammam.
En l’espace de quelques jours, sans crier gare, son prix tout comme ceux des autres produits ont grimpé en flèche. Affiché à 25 DA il y a peu, laissant espérer une embellie dont les pères de famille auraient profité pour améliorer le menu quotidien de leur progéniture, ce légume qui fait partie de nos habitudes alimentaires, redevient inabordable. Certains accusent le parasite « mildiou », lequel s’attaque aux tubercules, pendant que d’autres pointent du doigt les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers temps. Djaffar, un revendeur de fruits et légumes sur la place de Aïn El Hammam, nous dit qu’il est revenu bredouille de la ferme d’où il s’approvisionneait habituellement. S’il a consenti à ramener « quelques caisses seulement », avoue-t-il, « c’est pour faire plaisir à la clientèle qui achètera de toute façon, quel qu’en soit le prix ». Au marché de gros, on atteint des seuils rarement égalés. L’explication, d’après lui, est toute simple. Les dernières pluies ont fini par faire pourrir les blettes sur pied et ont noyé les champs de pommes de terre. Les paysans ne peuvent pas procéder à l’arrachage, dont c’est la période, à cause du sol gorgé d’eau. Ce qui expliquerait la rareté du produit sur le marché et par voie de conséquence, l’envolée des prix. Hormis le poivron, le piment et la tomate dont les prix sont actuellement abordables, les autres légumes restent hors de prix. Ainsi, après une légère baisse, le prix de la courgette tout comme celui de la salade, est remonté à 50 DA, talonné de près par celui de la carotte à 35 DA. Quant aux fruits, l’orange d’arrière-saison ainsi que les nèfles encore vertes, par manque de soleil se sont pas cédées à moins de 60 DA. Les consommateurs ne savent plus où donner de la tête et accusent qui de droit de tous ces maux. « Les pluies ne sont pas une particularité de notre pays et le mildiou n’est pas une nouvelle maladie », accuse Da Tahar ajoutant que « ces pénuries qui semblent durer éternellement sont un signe que quelque chose foire quelque part ».
Nacer B.
