Entamés depuis maintenant 14 mois, les travaux de modernisation du tronçon de la RN 25 se situant dans la wilaya de Bouira, entre Aomar-gare et Tizi l’Arbaâ, traînent en longueur. A la vue des matériaux de travaux publics ramenés sur ce chantier à son ouverture, tout laissait supposer que les travaux allaient être réalisés dans les délais qui leur étaient impartis. Mais, aujourd’hui, force est de constater qu’il n’en est rien. Le plus incompréhensible est que beaucoup de journées, très propices au travail, n’ont pas été mises à profit pour réaliser les travaux de terrassement.
La plupart du temps, le matériel restait garé et les travaux à l’arrêt. Pourtant, ce ne sont pas, apparemment, les moyens matériels et humains qui manquent à l’entreprise qui est chargée de réaliser ces travaux de modernisation. Pour bien mener sa mission et l’accomplir dans les règles de l’art, elle s’est même offerte, pour conduire ces travaux, les services et les compétences de l’ancien subdivisionnaire, à la retraite, des travaux publics de la daïra de Kadiria. Mais cela semble ne pas lui avoir épargné la débâcle dans laquelle elle patauge.
Les délais sont largement dépassés. Ils accusent déjà un retard de deux mois et les travaux ne sont réalisés qu’à environ 20%. Cette situation pénalise énormément les usagers de cet important axe routier qui est un passage obligé pour les gens de l’est qui se rendent dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Mais ceux qui en pâtissent le plus, ce sont les transporteurs de voyageurs entre Aomar-gare et Draâ El Mizan. Ils la pratiquent plusieurs fois par jour et ils ragent de voir leur matériel s’esquinter sur cette route qui se retrouve, sur une grande partie, à l’état d’une piste très cabossée. Le bitume qui la couvrait, a été très endommagé par les engins lors des travaux de terrassement. Pour compliquer une situation déjà peu maîtrisée, des éboulements de terrains sont venus retarder davantage les travaux. Il aurait été très utile de procéder au boisement des talus juste après leur confection. L’eucalyptus croît vite et retient bien la terre. Cela aurait certainement évité les énormes glissements de terrains provoqués sur plusieurs endroits par les abondantes pluies tombées cette fin d’hiver et ce printemps. En dégageant ces terres après le retour du beau temps, on viendra encore réduire les parcelles sur lesquelles elles seront prélevées. Au niveau d’Aomar-centre les éboulement menacent même une cité qui se trouve au bord de cette route. Si des travaux de soutènement ne sont pas entrepris dans les meilleurs délais, quelques maisons risqueraient de se retrouver en contrebas de la chaussée.
Les travaux entrepris sur cette route très sinueuse ont pour objectif de corriger son ancien tracé et d’élargir la chaussée. A la fin des travaux, elle deviendra certainement mieux praticable mais cela tarde à venir. L’état de presque total abandon dans lequel se trouve ce chantier n’échappe certainement pas aux responsables qui ont la charge de son suivi. Il serait peut-être temps qu’ils le redynamisent. Les usagers qui empruntent quotidiennement cette route souffrent le martyre. Ils ne peuvent supporter davantage le calvaire qu’ils subissent. Impuissants, ils voient leurs véhicules se détériorer sans pouvoir y faire quoi que ce soit, ils ne peuvent s’arrêter de travailler. Ces travaux de modernisation, dont la nécessité et l’utilité sont devenues impérieuses, ont cependant provoqué de grands dommages aux terrains se trouvant aux abords immédiats de cette route.
En effet, au lieu de les transporter, pour les répandre utilement quelque part, les énormes quantités de terres excédentaires issues des travaux de terrassement ont été déversées anarchiquement en contrebas de la chaussée, ce qui a considérablement réduit la superficie des terrains qui les ont reçues.
Ahmed Chibani
