Nous sommes tentés nous aussi de reprendre cette formule à notre compte pour évaluer le taux de réussite à l’examen du BEM. Si les résultats de l’examen d’entrée en sixième n’ont fait que des heureux, on ne peut pas en dire autant de ceux du brevet.
Les pourcentages de réussite différent toutefois d’un CEM à l’autre. Le collège du centre-ville s’est, cette fois, retrouvé au-dessus du lot avec ses 65% d’admis.
Ce qui, sauf accident, permettra à quatre-vingt pour cent (80%) des « 4e année moyenne » d’accéder au lycée l’an prochain.
Malgré le score, les parents ne sont pas satisfaits. Le matin même de l’annonce des résultats, le père d’un élève (pourtant admis), s’adressant à un enseignant, a eu cette réflexion très significative : « Vous n’avez même pas atteint les 80% ».
Ce qui montre que les parents deviennent de plus en plus exigeants, demandant toujours plus à l’école.
Le reste de la troupe n’a pas atteint la moyenne. Du côté des Ath Menguellet, le CEM de Ouaghzen a plutôt déçu avec une maigre moisson : 42,3%, soixante-six (66) élèves seulement sur 156 candidats ont eu la satisfaction d’être reçus. Ce qui, on en convient, est loin de ce que l’on pouvait attendre de ce collège qui nous a habitués par le passé à bien mieux. Dans la commune d’Aït Yahia, les collèges de Taka avec 41% et Aït Hichem avec 42% restent eux aussi au-dessous de la moyenne. C’est le CEM Thinhinane d’Ath Bouyoucef qui ferme la marche avec ses 40%. Nous pouvons imaginer qu’une bonne partie des recalés retourneront au collège l’an prochain.
Dès lors, la question de la surcharge des classes se pose avec acuité. A la rentrée scolaire, les responsables seront appelés à caser un effectif pour lequel les structures des CEM ne sont pas préparées.
Les locaux n’étant pas extensibles, on demandera encore un effort aux enseignants qui seront contraints de prendre en charge des classes dépassant quarante élèves.
Dans certains cas, les directeurs seront appelés à revisiter l’ancien système de la double vacation. Quant au problème des professeurs, il sera comme d’habitude résolu par le recrutement des vacataires qui viennent et partent au gré des humeurs. On ne remplace plus les anciens, partis à la retraite ou affectés ailleurs. A qui demander des comptes alors ? Aux enseignants ou aux potaches ? Les résultats de fin d’année en pâtiront, c’est sûr. Réforme ou pas.
A. O. T.
