Au lendemain de la récente levée de boucliers des producteurs de lait pasteurisé affiliés à la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), décidant de mettre à l’arrêt leur activité, le ministère du Commerce, à travers son secrétaire général, a vite réagi en conviant, jeudi dernier, les représentants des producteurs privés du lait à « une réunion en vue de les informer de l’avancement de l’opération d’indemnisation de ces producteurs en matière de production et de commercialisation de cette denrée essentielle », selon les termes du communiqué du département de Hachemi Djaâboub. Se voulant rassurant, le secrétaire général du ministère du Commerce a réaffirmé les engagements des pouvoirs publics à honorer leurs promesses s’agissant notamment des compensations financières promises par l’Etat face à la montée du prix de la poudre du lait sur le marché mondial. Ceci dans un premier temps avant que les producteurs privés soient approvisionnés, a partir de juin prochain, en matières premières à des prix conventionnés par le biais de l’entreprise Milk Trade, organisme public de lait disposant de 19 unités de production. La mise en place de mécanismes adéquats en coordination avec les parties concernées est, selon le même responsable, derrière le retard accusé dans la prise en charge de l’opération d’indemnisation. Le même communiqué en appelle au sens de « responsabilité » des producteurs privés du lait pour « garantir la stabilité du marché en assurant l’approvisionnement régulier des citoyens en lait ». Dans cet ordre d’idée, le communiqué du département du Commerce a souligné que la CIPA tiendra, aujourd’hui, « une assemblée générale avec les producteurs en vue de les informer des mesures prises et les rassurer en vue de garantir la poursuite de leur activité », et de préciser que les deux parties comptent se réunir, en début de la semaine prochaine, afin de finaliser les modalités de l’opération d’indemnisation. A signaler que les producteurs privés du lait avaient entamé un arrêt de travail le 1er avril dernier. Une décision qui a poussé les pouvoirs publics à s’engager, en sus des indemnisations, à mettre sur pied un office de lait et l’importation de 20 000 tonnes de poudre du lait sur le marché international. C’est l’organisme Giplait qui est chargé de cette opération. D’ailleurs, un appel d’offres a été lancé le 29 mars dernier. Une subvention de 6 milliards de dinars a été octroyée à Giplait à l’effet de combler l’absence des 78 producteurs privés du lait, incapables de tenir face aux prix élevés de la poudre. Selon les chiffres de la CIPA, les producteurs privés, qui couvrent 70 % du marché, assurent une capacité de production de 3 millions de litres par jour tandis que la production dans le secteur public, représenté par le groupe Giplait, avoisine 1,75 million l/jour. Pour mémoire, la facture d’importation de la poudre de lait en Algérie s’élève à 600 millions de dollars alors qu’elle les frisait 550 milliards l’an dernier. Le marché national éprouve un besoin de l’ordre de 2,5 millions l/Jour.
Hocine Lamriben
