Saïd Bouchair reconnaît la partialité de l’administration

Le président de la Commission nationale politique de surveillance des elections législatives (CNPSEL), Said Bouchair, a jeté un pavé dans la mare en reconnaissant, en des termes sibyllins, la partialité de l’administration dans les opérations de vote.  » Pour contrecarrer la fraude, il faut un contrepoids à savoir le contrôle et la surveillance des élections afin d’avoir à l’avenir dans l’administration des gens neutres.

Ce n’est pas facile car cela demande beaucoup de temps pour voir l’administration devenir neutre », a-t-il lâché, commentant le spectre de la fraude que les partis politiques et citoyens redoutent, lors de son passage à l’émission  » En toute franchise  » de la Chaine III de la Radio nationale. Tel un aveu d’impuissance, cette déclaration va sûrement donner du grain à moudre à toutes les formations politiques qui soupçonnent ou accusent carrément l’administration d’être à la solde des certains partis politiques. L’intervenant s’est cru même obligé de donner quelques leçons aux professionnels de la presse écrite en les invitant à faire une couverture  » égalitaire  » des activités des formations politiques et des indépendants.  » Il doit y avoir un service public qui doit consacrer des espaces à tous les partis, mêmes les indépendants quand bien même ils ne sont pas de la même ligne que le journal « , a-t-il estimé. Plus grave encore, il a invité les journalistes à ne pas distiller des slogans que la vox populi pense tout bas.

 » Il faut éviter d’utiliser des termes comme absence où les gens ont en mare des élections « , a exhorté l’inusable Bouchair dans une mise en garde qui ne dit pas son nom.

A l’exigence de la population ou des partis qui demandent que les élections se déroulent dans la transparence comme celle de la Norvège, il a lancé, sur un ton méprisant,  » on est sur terre. Il faut savoir qu’on vit en Algérie ». Est-ce une manière de dire que les élections à l’algérienne ont toujours eu leur spécificité ? Laquelle ? Motus et bouche cousue. L’invité de la Radio est revenu sur l’installation tardive de la commission qu’il préside.  » En raison de ce retard, nous n’avons rien pu faire « , a-t-il affirmé s’agissant de l’étude des dossiers de candidatures des partis politiques déposés le 1er avril dernier. Il a exhorté les pouvoirs publics à ce que la prochaine commission soit installée en parallèle avec la convocation du corps électoral par le président de la République. Evoquant l’affichage anarchique, il dit que la commission de surveillance n’est pas  » une police judiciaire  » à mettre 24 h à côté de chaque panneau d’affichage.

Par ailleurs, il a exprimé son incompréhension face à l’attitude des partis politiques qui usent des portraits du président à des fins électorales, en rappelant que le locataire du Palais d’El Mouradia est le Président de tous les Algériens, non pas le représentant d’un parti politique. Bouchair a précisé que suite à la constatation de portraits de Bouteflika, il a été décidé que la Télévision nationale ne prenne pas des séquences dudit leader politique quitte à déformer même l’image de l’intervenant.  » Tous les partis politiques sont égaux et sur le même pied d’égalité « , a-t-il rassuré à la veille de la fin de la campagne électorale qui prend fin aujourd’hui à minuit.

Au chapitre des dépassements commis par des candidats à la course électorale lors des meetings et autres apparitions sur les médias lourds, l’hôte de la Chaine III a estimé que la CNPSEL a constaté moins de dépassements comparativement au scrutin de 2002.

Se réjouissant de l’absence de réclamations de la part des partis politiques, l’orateur leur a demandé d’assurer un contrôle effectif de l’opération de vote.  » La présence de surveillants est un contrepoids envers l’administration « , a-t-il conclu. Encore un autre aveu qui renseigne sur cette administration-épouvantail.

Hocine Lamriben