Prochain lancement du PPDR de Belbara

Il sera examiné incessamment et fera l’objet d’un avis d’appel d’offres pour lequel les entreprises de réalisation de travaux agroforestiers vont soumissionner. Le retard enregistré par ledit projet est principalement dû à des incohérences lors sa première formulation-ce qui a requis une reformulation plus adaptée-et au fait que les crédits du fonds (Fonds du développement rural et de la mise en valeur des terres par la concession, FDRMVTC), sur lequel est financée la grande partie des actions prévues dans le projet, ont été temporairement bloqués au niveau de la Badr. Ces deux problèmes étant résolus, le maître de l’ouvrage, en l’occurrence la Conservation des forêts, a mis les bouchées doubles pour concrétiser sur terrain les actions du projet. Celles-ci se subdivisent en actions collectives et actions individuelles. Les premières rassemblent tous les travaux d’infrastructure et d’équipement que les services de l’Etat prennent totalement en charge (débroussaillement, corrections torrentielles, captage de sources, pistes, aménagement de canaux d’irrigation, pistes… ), tandis que les secondes sont destinées aux ménages sous forme de prestations de travaux ou de fournitures pour lesquels les intéressés doivent mobiliser 75% de leurs fonds propres à titre de participation. Les 25 % de soutien ne sont mobilisés par la banque qu’après réalisation ou acquisition complète des prestations ou fournitures par les bénéficiaires.

Cette formule de soutien partiel, revue à la baisse par rapport à la première variante des PPDR lancés en 2003, suscite bien entendu quelques réticences bien que les fonds individuels puissent être apportés par le système de crédit. Là aussi, les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît, puisque les critères d’éligibilité sont souvent dissuasifs.

Concernant les actions collectives, le cahier de charges élaboré par la conservation des forêts porte sur le captage de sources (16 unités), les corrections torrentielles (2800 m3) et les travaux de débroussaillent et d’épierrages des parcelles à mettre en valeur (222 ha). Le montant de ces prestations, dont le financement est assuré par le FDRMVTC, est évalué à environ 29 millions de dinars. Il est à signaler que les autres actions collectives sont prises en charge par les plans sectoriels de développement (PSD), gérés par les différentes directions de la wilaya, et les plans communaux de développements (PCD) gérés par l’APC.

En outre, deux types d’ouvrages sont assujettis à une étude du fait de la complexité de leurs modes d’exécution. Il s’agit de canaux d’irrigation de 5 km de long et de deux grandes sources dont l’aménagement devrait répondre à une typologie spécifique eu égard à l’importance de leur débit.

De plus, ces ouvrages étant situés dans le périmètre du Parc national du Djurdjura, l’un des critères fondant leur typologie est l’adaptation au système d’intervention propre à cette réserve de la biosphère. L’étude de ces deux ouvrages est confiée à un bureau d’études domicilié à M’chedallah. La localité de Belbara est située sur le versant sud du Djurdjura, au pied de Lalla Khedidja, au nord du chef-lieu de la commune de Saharidj. Les habitants ont quitté depuis longtemps ces lieux rudes et dépourvus de toute commodité. Il n’y vont que pour y exécuter les travaux des champs (soins arboricoles, jardins potagers, pâturages, fenaison… ). Mais les signes et les vestiges d’un passé de labeur et de convivialité sont là : maisons en pierres à moitié en ruine, fontaines où glougloute une eau pure et limpide, chemins et raidillons utilisés par les pasteurs, arbres fruitiers et fourragers éclatants de verdure, etc. Même étant loin du socle des ancêtres, les gens de Belbara habitant Saharidj ou M’chedallah ont tenu à créer leur association, à caractère social et culturel, qui est partie prenante du PPDR de leur localité. Ses représentants ont beaucoup contribué dans la formulation du projet et se posent comme des partenaires incontournables de l’administration dans la mise en œuvre des actions qui y sont prévues.

Amar Naït Messaoud