Nous apprenons auprès du service communal de l’agriculture que la campagne de vaccination animale est interrompue et que les équipes des vétérinaires sont à l’arrêt pour cause de rupture de stocks des vaccins. Après avoir accusé un retard considérable avant le déclenchement de la campagne annuelle de vaccination qui devait être menée à terme avant la fin du mois de mai, voilà un aléa qui porte un coup fatal à la campagne de prévention de la santé animale, avec cet arrêt au moment où plus de 80% du cheptel attend d’être traité.
Ces équipes qui ont commencées leurs interventions sur le terrain, il y a à peine une semaine, n’ont vacciné qu’une partie des troupeaux d’Iouakouren, Ivalaren et Illilten, soit trois villages sur les onze (11) que compte la commune de Saharidj. De nombreux éleveurs abordés ont du mal à contenir leur colère et disent devoir refuser la vaccination au-delà de cette période légale des vaccins destiné à l’élimination des virus et autres parasites animals dont l’efficacité et l’action de ces traitements ne peuvent être positifs que lorsque ces parasites sont encore à « l’état larvaire ». Selon ces mêmes éleveurs qui interpellent les pouvoirs publics pour mettre fin à ce genre de négligences, qui a failli par le passé, exterminer totalement ce créneau de l’élevage. Plus loin, nos interlocuteurs s’interrogent sur cette rupture des stocks des vaccins et quelle base a été adoptée pour la répartition des quotas à travers la wilaya ? Le bureau d’hygiène communal (BHC) de la même communes, premier concerné par cette campagne de vaccination n’a été sollicité que pour l’affichage du programme d’intervention des vétérinaires apprend-on. Que cache la mise à l’écart de ce service ?
Y a-t-il un système de contrôle du nombre de doses utilisées ? L’APC ne devrait-elle pas superviser cette opération et tenir un registre où seront portés tous les renseignements nécessaires, tel que le nombre de têtes de bétail traité, le lieu, la date, renseignements qui doivent être confirmés par les bénéficiaires en y apposant leurs signatures ? Un climat d’inquiétude règne chez les éleveurs de cette localité qui gardent encore des séquelles après la catastrophe de la blue tong de l’année passée laquelle a décimé leurs troupeaux pendant que ceux dont le rôle était de juguler cette épidémie se sont confinés dans la position de spectateurs indifférents, laissant les malheureux éleveurs aux prises avec une maladie inconnue, résistant à toutes formes de traitements.
Cette catastrophe a fait des ravages considérables dans la commune de Saharidj et personne ne s’est inquiété depuis, du sort des éleveurs ruinés, qui font encore l’objet d’une indifférence totale de la part des autorités; La commune de Saharidj est l’une des circonscriptions les plus lésées en matière d’assistance dans ce créneau de l’agriculture qui est l’élevage, la preuve la plus tangible est l’anarchie avec laquelle est menée la campagne de vaccination du cheptel, de là à espérer une prise en charge des nombreux chiens errants qui circulent à l’aise parmi les citoyens, des bêtes qui présentent les symptômes d’une grave maladie (chute de poils, plaies purulentes… ) sans que personne ne s’inquiète ni ne cherche à savoir s’il s’agit de la gale ou la leishmaniose, deux maladies extrêmement contagieuses et dangereuses.
Omar Soualah
