A Aïn El Hammam, si les projets sont annoncés en grandes pompes, leur réalisation n’est pas toujours menée convenablement, à terme. Que ce soit la nouvelle école, l’assainissement de la ville ou, plus près de nous, l’aménagement de la route de Baqalem (l’autre nom de Ouaghzen), les retards ou les imperfections sont de mise. Ce qui se passe en ce moment au village de Baqalem ouvre la voie à toutes les supputations. L’euphorie ayant suivi le début du goudronnage de leur route (voir DDK n°1512 du 24 mai 2007) a laissé place à la déception et à la colère des habitants de Ouaghzen qui découvrent que le goudronnage ne va pas au delà de six cent mètres linéaires alors que l’avis d’appel d’offres, paru dans la presse, mentionne une longueur de deux mille mètres linéaires. Les engins sont repartis sans aller plus loin que l’école, abandonnant la partie la plus ravinée qui nécessite des travaux.
Pourtant cette dernière est de loin la plus importante puisque, d’une part, elle mène aux habitations éparses, d’autre part, elle permet de relier plusieurs villages. En effet, la boucle entamée par la RN 71, pourrait alors relier Taourirt, Tamejout et Oughzen avant de rejoindre à nouveau, la RN 71, au niveau d’Abechad, une véritable sortie de secours pour ces villages en cas d’incendie ou autre danger. Pour une fois que le PCD (Plan communal de développement) inclut ce petit bourg, ses habitants pensaient qu’avec le recouvrement de cette piste, une autre ère allait débuter. Ils durent finalement déchanter. Se sentant spoliés dans leur droit, ils se sont mobilisés pour alerter les autorités de daïra et de wilaya. Bien qu’on ait essayé de “nous faire avaler la couleuvre, nous n’abdiquerons pas” souligne l’’un d’eux. La question qui revient souvent est de savoir pourquoi Ouaghzen ? alors qu’il y a d’autres projets en cours. D’ailleurs, la réglementation permet-elle ce genre d’opération ? ajoute-t-ils les explications qui leur sont données ne semblent pas convaincre les membres du comité de village.
D’après l’un d’eux, les “économies” ainsi réalisées serviraient à recouvrir une partie de la ville qui, pourtant devait être bitumée, il y a plusieurs mois, dans le cadre “sectoriel”, lors des travaux sur la RN15. Quant au tronçon de 1400 mètres restants à Ouaghzen, l’APC s’engagerait à le réaliser avant la fin de l’année. Sur quel chapitre ? Les promesses électorales semblent rattraper nos élus. Le problème d’assainissement de la grande rue a été au centre des débats lors de la dernière campagne électorale, au point où le ministre de l’Habitat en visite à AIn El Hammam, a été interpellé par les citoyens. Les élections municipales ne sont pas loin et pour parer au plus pressé, il faut trouver un moyen de camoufler “à la Tartuffe”, ce chantier qui ne veut pas finir. Dès lors plusieurs questions se posent. La première étant de savoir pourquoi on ne fait pas appel à l’entreprise qui a bitumé une partie de la ville pour terminer les travaux. En second lieu, on se demande comment l’APC va inscrire, à nouveau, le bitumage de Ouaghzen, quelques mois seulement, après la prétendue fin des travaux ! Avant d’en arriver là, il faut noter que l’avis d’appel d’offres lancé par l’APC s’est avéré infructueux. Dans l’urgence, le marché est confié suivant la formule “gré à gré” à une entreprise locale. Nous ignorons si cette dernière est engagée pour tout le projet ou pour une partie seulement. Nous ne pouvons donc avancer une quelconque conclusion. La route de Ouaghzen a attendu plus de dix ans pour bénéficier de travaux. “Maintenant qu’ils sont entamés, nous n’abdiquerons pas jusqu’à satisfaction de nos revendications.” conclut un villageois.
Nacer B.
