Pour rejoindre les centres d’examen, c’est à une véritable course contre la montre que sont astreints, chaque matin, les candidats ainsi que les surveillants concernés par l’examen du bac.
Le hasard a fait que les deux lycées en question, soient situés aux extrémités de la ville de Aïn El Hammam. Si le lycée Ben Boulaïd se trouve sur un axe desservi, en partie par des fourgons de transport, le lycée de jeunes filles est, en revanche situé dans une zone reculée, sur les hauteurs de la ville.
Pour le rejoindre, les résidants des villages situés à l’Ouest de la ville doivent se réveiller très tôt pour effectuer plusieurs étapes. En effet, en sortant de chez eux, ils sont transportés jusqu’à l’entrée de la ville où se trouve la station de fourgons. On n’aperçoit pas encore le centre d’examen qui se trouve à trois kilomètres de là. Les futurs bacheliers sont livrés à eux-mêmes à mi-chemin de leur destination. Aucun moyen de transport ne passe devant ou aux abords du lycée. Candidats et enseignants, non véhiculés, n’ont plus qu’une seule solution : se résoudre à marcher.
La pente très accentuée ne finit qu’au bout d’une demi-heure, pour les sportif. Rencontrée devant le lycée, une enseignante, en sueur, arrive difficilement à franchir le portail, en traînant les pieds. Ce ne sont pas les meilleures dispositions pour les uns et les autres d’aborder un examen aussi crucial. Le soir, après une rude journée où chacun aspire à reprendre des forces au plus vite, les candidats doivent d’abord refaire le chemin inverse et arriver enfin chez eux, épuisés. Pourtant, des dispositions pouvant faciliter le déplacement auraient pu être prises. Les bus assurant le ramassage scolaire, en stationnement au parc de l’APC, en cette période, auraient pu contribuer à déplacer les élèves jusqu’aux centres d’examens. Lors de la désignation des enseignants pour assurer la surveillance, les organisateurs auraient pu prendre en considération ces données et éviter ainsi d’envoyer les enseignants de l’Est vers l’Ouest et vice-versa.
Le même problème surgit chaque année, sans pour autant qu’une solution ne soit trouvée. Lorsqu’on parle des dispositions prises pour assurer le bon déroulement de l’examen, on ne devrait pas penser seulement aux grandes villes. Les montagnes ont leurs spécificités qu’on ne doit pas négliger si l’on veut donner les mêmes chances à tous.
Nacer B.
