Lancinant défi environnemental

Un séminaire sur le thème « Protection de l’environnement en rapport avec l’activité minière » a été organisé dimanche au campus d’Aboudaou de Béjaïa, avec le concours du ministère de l’Energie et des Mines, de l’Agence nationale de la géologie et du contrôle minier (ANGCM) et l’université de Béjaïa.

Outre les apports techniques et matériels que les diverses parties peuvent apporter pour rationaliser l’exploitation des gisements miniers, il était question des problématiques liées automatiquement et systématiquement aux différents impacts de l’activité minière sur l’environnement.

Dans ce contexte, « les exploitations parfois sauvages et irrationnelles des sols et des sous-sols par les opérateurs miniers peuvent constituer un facteur — et pas des moindres — de la dégradation de la biodiversité et de l’écosystème », d’après les communications émises par les intervenants.

Pour ce, les organismes qui ont pris part au regroupement ont formulé des propositions et des recommandations, lesquelles convergent toutes vers une gestion rigoureuse et pragmatique de l’activité minière.

A l’ordre du jour de ce séminaire, il y a lieu d’énoncer les différentes problématiques soumises à réflexion par une équipe pluridisciplinaire englobant entre autres, des chercheurs universitaires, des géologues, des opérateurs miniers et des ingénieurs dans les sciences de l’environnement. Cette dernière se propose d’apporter des réponses quant aux techniques d’exploitation minière, au traitement des résidus et la problématique la plus cruciale reste celle ayant trait à la réhabilitation des sites-sujets aux exploitations.

Sur ce chapitre, l’Agence nationale de la géologie et du contrôle minier (ANGCM) a davantage mis l’accent sur « la nécessité d’exploiter les ressources minérales et protéger l’environnement ».

A titre de rappel, l’ANGCM a été créée par la loi minière n°1-10 du 3 juillet 2002, notamment dans son article 45. Cette dernière a en charge le service géologique national dont les missions se résument dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes périodiques de cartographie géologiques et assurer la collecte, la conservation et la diffusion de toutes les informations relatives au sol et sous-sol nationaux, assurer la représentation de l’Algérie aux diverses organisations internationales et d’autres missions non-moins importantes que celles déjà citées.

L’ANGCEM appelée également police des mines, assure entre autres, le contrôle minier et environnemental, la surveillance administrative et technique ainsi que le contrôle des activités d’exploitation et de recherche minières, ajouter à cela son pouvoir coercitif quant aux infractions à la réglementation et à la législation.

Pour sa part, « l’université est appelée à s’impliquer davantage à développer des liens forts avec son environnement, par ailleurs, elle reste impuissante devant l’insignifiante enveloppe financière allouée pour la mise sur pied d’une chaire en environnement ». Tel est le constat fait par le recteur de l’université de Béjaïa qui en dit long. Il y a lieu aussi de mentionner que l’Algérie à travers des besoins éprouvés en matière d’agrégats est « appelée à mieux faire », pour reprendre sur un autre chapitre, les propos de M. Azreug, en sa qualité de représentant et membre de l’Agence nationale du patrimoine minier (ANPM), lors de la conférence de presse tenue samedi dernier à la salle des délibérations de la wilaya de Béjaïa, une conférence qui se voulait un préambule au séminaire. Devant une telle demande, engendrée par une conjoncture dite de relance économique et générant des chantiers d’envergure (autoroute Est-Ouest, 1 million de logements) d’Algérie « est du fait astreinte de revoir à la hausse sa production d’agrégats » d’après les estimations de l’ANPM et à titre de comparaison la wilaya de Béjaïa aura besoin de 1 300 000 tonnes, appelés à doubler prochainement. Sur ce, « notre pays est tenu d’y répondre mais dans le strict et entier respect des règles de la protection de l’environnement », d’après toujours les dires de M. Azreug lequel ajoutera :  » l’ANPM compte arrêter des échéanciers avec les exploitants pour les deux années à venir ». Toujours dans le même sillage il dira, l’ANPM « constitue un support technique pour une équation à deux variables, d’une part la demande et de l’autre l’offre », chose qui implique que cette dernière joue un rôle de médiation et de régulation.

Rappelons qu’une loi interdisant l’extraction du sable des oueds a été promulguée en septembre dernier, chose qui pourrait causer une certaine distorsion entre la demande et l’offre. Les opérateurs miniers sauront-ils y remédier ?

A bien de points de vue, avec un arsenal juridique consistant en une compétence technique et matérielle avérée, il reste que l’activité minière suscite des grognes et des soulèvements générés par la crainte de voir l’environnement proche et lointain du citoyen pollué et recouvert par des fumées de poussièr dont les retombées sur sa santé sont vérifiables aisément.

Dans ce contexte, les citoyens d’Amizour auront implicitement ou explicitement à émettre des réserves quant au projet qui se dessine à l’horizon dont la date de début de production est arrêtée pour le mois d’août 2008 et Terramin (société australienne) détient les droits d’exploitation avec 65% sur WMZ (Western mediterranean zinc). « Un gisement de plomb/zinc d’envergure mondiale, pour reprendre les mots du représentant de ladite société.

Dalile Saïche