Depuis… l’âge de la pierre

Le lotissement Sidi Ahmed IV de Béjaïa attribué par l’APC en 1986 à quelque 140 bénéficiaires, attend toujours sa viabilisation dont tout projet de construction est tributaire.

Depuis 18 ans, les acquéreurs de ces lots de terrains rocailleux espèrent que l’APC daigne un jour assainir ce lotissement pour leur permettre enfin entreprendre leurs projets de construction. Par assainissement, ces derniers entendent « une série de travaux qui axeront principalement sur la mise en place des conduites d’eau, le traçage des voiries », explique l’un de ces infortunés acquéreurs.

Et d’ajouter que depuis cette année-là, c’est-à-dire 1986, chaque fois que les bénéficiaires demandent la date du commencement des travaux de la viabilisation, les APC qui se sont succédées les renvoient tour à tour vers l’Agence foncière de la commune, qui de son côté les renvoie vers l’APC. Mettant en avant les explications fournies par l’APC et l’Agence foncière quant au retard accusé dans la réalisation de ces travaux, notre interlocuteur nous dira que l’APC prétend ne pas être en possession des moyens technologiques, tels que les brises-roches pour entreprendre les travaux.

Quatre ans plus tard, celle-ci argue ne pas avoir les moyens financiers. Lassés par ces réponses évasives et la longue attente, certains attributaires ont renoncé volontairement à leurs lopins de terre.

Dans notre édition du mardi 30 janvier 2007, pour les besoins de son enquête, notre journaliste, s’est alors rapproché des responsables de l’APC de Béjaïa pour connaître les motifs qui empêchent cette dernière de résoudre définitivement cette affaire.

L’on nous répond que l’APC de Béjaïa n’est pas dans l’ignorance des problèmes que rencontrent ces acquéreurs, mais celle-ci ne trouve pas de soumissionnaires, explique le chargé de communication de l’APC. « Malgré les avis d’appels publiés dans la presse pour la viabilisation du lotissement Bouyablatens en 2004 et 2005, ces derniers sont revenus infructueux, personne n’a manifesté de l’intérêt pour ce terrain rocailleux », dira-t-il. Six mois plus tard, contacté pour connaître la suite réservé à ce dossier, un autre responsable de l’APC explique désormais que la viabilisation du lotissement n’est pas du ressort de la municipalité et rejete la balle vers l’Agence foncière.

Le même refrain en somme qui se répète depuis… 18 ans.

F. L.