El-Qaïda Maghreb s’étiole

Dans une déclaration de Mokhtar Belmokhtar, alias Khaled Abou El Abbas émir de l’ex-GSPC pour la région du Sahara, l’émir de l’ex-GSPC nie avoir échangé des correspondances avec l’Etat algérien par l’intermédiaire d’El Hadj Bettou, homme qui avait défrayé la chronique avec ses implications dans des tas de trafics, notamment l’introduction et la vente illégale d’armes.

Dans la déclaration du responsable du rapt des touristes allemands dans le désert algérien, il est fait état des  » différends entre El-Qaïda et l’ex-GSPC « . Le sinistre émir de la région Sahara se dit  » attaché à son émir national de l’ex-GSPC, Hassan Hattab, car ce dernier avait sévèrement critiqué les attentats kamikazes du 11 avril passé, revendiquées par El-Qaïda Maghreb « . Ces attentats avaient ciblé le Palais du Gouvernement et le commissariat de police de Bab Ezzouar. Belmokhtar, à travers sa sortie médiatique, a battu en brèche les informations faisant état de contacts entre son groupe et les services de sécurité entamés par El Hadj Bettou dans le but de déposer les armes. Dans la même missive, l’émir du GSPC a réaffirmé son  » attachement à Hassan Hattab, qui force le respect des combattants « , a-t-il estimé. Belmokhtar a mis en exergue  » l’amitié qui le lie avec Hattab depuis le temps où ils collectaient les armes, avec El Para, au Maroc, Mali, Niger et le Tchad « , tenait-il à indiquer.

Le rédacteur du communiqué a affirmé que les pourparlers entre Hattab et les autorités militaires autour de la réconciliation nationale  » n’était pas une décision propre à Hassan Hattab « , mais l’émir national de l’ex-GSPC avait bénéficié du total soutien du GSPC qui souhaitait la réussite des négociations, a-t-il expliqué. Par ailleurs, Belmokhtar a signalé que les autorités qui  » avaient refusé de signer l’accord ont induit son annulation « , une manière pour le sanguinaire du GSPC de faire porter la responsabilité de l’échec des négociations et la poursuite des attentats meurtriers aux autorités. Plus loin, alias Abou El Abbas a ajouté que, le GSPC avait demandé à Hattab de cesser les négociations avec l’Etat notamment » après la tentative de l’assassinat de Hattab « , a-t-il signalé avant d’ajouter  » qu’il a quitté le Sahara pour accompagner des éléments de son groupe à l’Irak « .

Le fait notabledans la missive de Belmokhtar est l’absence totale du mot El-Qaïda aux pays du Maghreb islamique et il s’est contenté de ne parler que du GSPC comme référence à sa machine de la mort. Belmokhtar a signé cette déclaration comme étant l’émir de la neuvième région du GSPC avec l’ancien cachet du groupe.

Belmokhtar n’a pas omis de rappeler à ceux qui veulent bien l’entendre que le GSPC est capable de frapper à tout moment et partout, à cet égard, il affirme que son sinistre groupe jouit d’une force inébranlable. En évoquant la force du groupe barbare, Belmokhtar veut balayer d’un revers de main les guerres intestines qui minent son groupe, notamment depuis la neutralisation de l’ancien émir Nabil Sahraoui.

Cette sortie médiatique des sanguinaires du GSPC nous informe non seulement sur l’attachement des terroristes à leurs idéaux. Elle renseigne également, sur les capacités de nuisance des terroristes islamistes, encore en activité, mais bat aussi en brèche l’hypothèse de certains officiels selon laquelle le maquis n’est peuplé que de petits groupuscules en attente d’un signe fort de la part des autorités pour quitter leurs tanières et déposer les armes. La lutte contre ces illuminés doit concilier lutte armée et une véritable réforme politique.

Mohamed Mouloudj