Tamazight toujours absente au CEM

Tamazight vient de franchir un autre pas, et pas des moindres avec son introduction dans les examens du BEM cette année dans les établissements où est elle enseignée. On comprend vite de cette distinction que cette langue chère à Mohamed Haroun, Bessaoud Med Arab et Amar Boutifa ne fait pas l’unanimité. En d’autres termes, il y a bien des établissements où elle n’est pas encore enseignée. A Assi Youcef, dans les deux CEM, elle ne figure pas sur les tablettes de l’administration et on se pose la question : A quand son enseignement ? Certains auront certainement trouvé la solution à cette interrogation, en disant que c’est peut-être à cause de la non disponibilité des enseignants issus de cette localité. Mais cette hypothèse se voit immédiatement effacée d’un revers de la main sachant que trois enseignants de cette commune ont d’abord frappé aux portes de ces établissements avant de se retrouver actuellement dans d’autres établissements à Boghni-Centre. Le quatrième, quant à lui, dispense ses cours dans une école privée. Ceci dit, la disponibilité, plutôt la non disponibilité des enseignants n’est guère un argument valable pour expliquer l’absence de la langue de Mammeri et Mohya dans la commune d’Assi Youcef. En partant du fait que tamazight dont la note est comptabilisée à l’examen du BEM cette année, seulement si elle est égale ou supérieure à 10, les candidats des établissements ayant dispensé ces cours sont automatiquement avantagés. Et ce serait donc injuste de donner plus de chance à certains aux dépens des autres. Outre cette langue qui a vu bien des gens se sacrifier pour qu’elle soit enfin reconnue comme telle, deux autres matières font encore défaut dans ces deux établissements sus-cités ; en l’occurrence la musique et les arts plastiques. Certes, les emplois du temps de nos élèves sont quelque peu saturés, dirons-nous, mais ces matières ne feraient qu’amortir un tant soit peu le stress de nos chérubins. En plus de leur caractère récréatif, elles sauront sans doute découvrir et aiguiser les talents qui sommeillent en certains élèves. Mais, hélas !

S. A.