S.O.S pour reloger une famille

Depuis son expulsion le 21 juin 2003 par son propre frère du logement que celui-ci lui a cédé en 1981, T. A., un père d’une famille de 9 personnes et docker de son état, vit au quotidien un véritable calcaire. Dans sa quête éperdue d’un toit pour abriter les siens, il a même osé aller jusqu’à squatter un logement à la cité Edimco, mais il fut sans ménagement jeté dehors lui et sa famille.

Les affaires, c’est-à-dire sa literie, son réfrigérateur, son téléviseur et ses autres effets, n’ayant pas où les mettre, il les a, contre récépissé confiés à l’APC qui les lui garde dans son parc à Sidi Ali Labhar jusqu’au jour où sera dénoué son épineux problème de logement. Après avoir campé 18 jours à la belle étoile à la gare routière de Targa-Ouzemour, il a été obligé par la suite, de se procurer coûte que coûte un toit pour abriter sa famille des rigueurs de l’hiver.

Et tout ce qu’il trouve pour sa famille composée de neuf personnes, selon le procès-verbal de la commission de prévention et de sécurité dépêché par l’APC, « c’est une pièce de dimension très réduite dans une habitation de construction très ancienne (… ) une pièce faisant office de chambre à coucher, de salle à manger et de cuisine ». Et c’est dans ce réduit aux murs « poisseux » que T. A. tente de maintenir en vie sa famille depuis la fin de l’été 2003 ; C’est dans ce réduit à la « vétusté très avancée » que Mme T. hypertendue se démène vaille que vaille pour élever dignement ses enfants. C’est dans ce réduit que ses enfants, chaque soir, réviseront les leçons et font leur devoir. C’est aussi dans ce réduit « à la peinture écaillée » que vit et se repose après ses entraînements, T. N. fille de T. A., championne d’Algérie au jeu de boules. Mais c’est aussi dans ce taudis dépourvu du minimum de commodités qui vit le fils unique de T. A. qui menace de se suicider si les autorités concernées continuent à faire la sourde oreille à leurs nombreux « S. O. S pour un logement ».

La première demande de logement adressée par T. A. aux services concernés remonte au 25 octobre 1981 et est enregistrée sous le n°6424. Aux mêmes autorités, un rappel ayant le même objet a été envoyé le 30/12/1998 avec 1347 comme n° d’enregistrement. Et après avoir écrit au ministre de l’Habitat, au ministre de la Jeunesse et des Sports, au wali, au président de l’APW, au chef de daïra, au président de l’APC et au directeur de l’OPGI, sans obtenir de résultats à ce jour. T. A. de guerre lasse, décide de décrocher définitivement. C’est maintenant sa femme, malgré son hypertension qui reprend le bâton de pèlerin et frappe, chaque jour que Dieu fait, aux portes des responsables en charge de régler les problèmes de logement des citoyens.

B. Mouhoub