Commémoration de la résistance de 1857

Partager

Cette commémoration a été organisée sous le haut patronage de son Excellence le président de la République, avec le concours du wali de Tizi Ouzou et du comité d’organisation du cent cinquantenaire de la résistance populaire contre l’occupation française le 25 juin 1857.

Le comité régional de cette organisation, composé des associations Tagrawla de Tizi Ouzou, Akal d’Icheriden, Tiwinest de Fort National a été l’hôte d’Ath Yenni. D’autres personnalités du milieu culturel et scientifique, entre autres, le professeur Younès Adli et Ben Hanafi… ainsi que bien d’autres dans la nombreuse foule présenté sur le lieux Ces derniers, naturellement, ont été accueillis par les autorités locales, APC, daïra et le comité local, dont les initiateurs L. Abib et A. Sayad. Ce regroupement a été pour l’assistance une chance à ne pas rater, afin de tenter de puiser le millième du savoir de Ali Sayad (chercheur et écrivain). Devant la surprise de voir une stèle commémorative au pied de la Maternité, notre interlocuteur évoquera une histoire peu connue. “Azzeka alayan” ou la haute sépulture, sur cette plate forme fut jadis la dernière demeure qui abrita les maquisards de la région. Ces morts furent enterrés avec leurs armes de guerre. En 1952, le cimetière a été démoli par l’autorité en fonction, pour ériger sur ce terrain deux sièges de mairies symétriquement reliés. Sur la droite pour Aït Larbaâ, sur la gauche pour Aït Lahcène, deux villages situés sur le même axe. Quant aux armes trouvées, l’histoire n’a jamais parlé de leur sort. Dès l’indépendance, ces édifices et après l’éréction d’un nouveau siège de la mairie, l’administration algérienne en a fait une infirmerie et une maternité au profit des habitants. C’est donc sur ce plateau transformé au fil des ans, que les généraux français avaient monté leur poste de commandement en 1857.

A l’arrivée des invités et après le dépôt d’une gerbe de fleurs, une minute de silence a été observée à la mémoire de tous les hommes tombés au champ d’honneur. Lounès Abib, premier initiateur, a souhaité la bienvenue aux invités et a sollicité la continuité auprès des jeunes présents dans l’assistance. Par la suite, se sont succédé à la tribune les autorités locales et les invités. “Je ne me juge pas invité d’autant que j’ai toujours répondu présent. En fait, cette commémoration est un atout et une fierté pour la Kabylie”, a déclaré Younès Adli.

A sa reprise de parole, M. Abib montrera un cadre portant la photo du capitaine Hammel Lamara, un enfant de Aït Lahcène. Ce portrait est remis au musée du Moudjahid de Tizi Ouzou. Parlant du combat de la femme, Lala Fatma n’Soumer, ce marabout qui a mené un double combat contre les traditions sociales et le colonisateur fut l’exemple raté afin de rendre hommage au courage de toutes les femmes kabyles. “Les femmes d’Ath Yenni, préparaient elles-même la poudre (baroud) et la faisait parvenir jusqu’aux maquisards”, dira M. Sayad. Les assistants ont longtemps, sous un soleil de plomb, surfé sur l’histoire pour reconstituer ses épisodes en lambeaux. La clôture s’est faite par une belle prose écrite par Sadeg Mokrane, avant de se retrouver autour de la table du déjeuner. La même date de l’année 1998 revient trouver un écho auprés de la foule, laissant un goût amer. Cela fait déjà neuf ans que des lâches assassins ont arraché le Rebelle Matoub Lounès aux siens, mais non de leur mémoire.

A noter que le programme de ce comité s’entendra à Icheridène, Larbaâ Nath Irathen et Aït Agouacha, avant de prende fin à Alger. “Les générations à venir ont à apprendre de nous, comme nous avons appris des générations passées. Un peuple sans histoire n’a pas d’avenir. Nous sommes des relais, ce pays ne nous appartient pas, il faut le laisser propre”, conclut Monsieur Ali Sayad.

Mina A

Partager