L’Association Iqraâ honore ses adhérentes

Je suis très contente d’être ici aujourd’hui. C’est grâce à la volonté de toutes ces femmes enseignantes et autres bénévoles que je peux lire et écrire », telle est l’impression recueillie auprès d’une mère de quatre enfants qui s’est sacrifiée durant deux ans pour anéantir son illettrisme. En effet, elles étaient nombreuses avant-hier à la Maison de jeunes Arezki-Mansouri recevoir leur prix après une année scolaire dure et difficile pour elles car elles ont d’autres missions à accomplir avant de se consacrer à l’apprentissage de la lecture et l’écriture. Il s’agit de la cérémonie de la remise des prix organisée par l’Association Iqraâ de Draâ El Mizan dont le seul cheval de bataille est d’enrayer définitivement l’analphabétisme dans cette localité. Les représentantes de l’association ont été les premières intervenantes. « Nous sommes décidées à relever le niveau culturel de ces femmes et filles qui n’ont pas cette chance d’aller à l’école pour une raison ou une autre. Il est temps de faire bouger les choses et de casser le tabou si nous voulons réussir dans cette mission noble », clamera d’emblée Melle Seddiki, en sa qualité de présidente de l’association. Et de continuer : « si nous sommes ici, c’est pour dire que tout est possible. Ces mères et sœurs sont à encourager car il n’est pas facile pour une femme de se sacrifier autant en plus de toutes les autres contraintes ». De son côté, l’avocate Me Yahiaoui, vice-présidente d’Iqraâ ne mâchera pas ses mots en clamant fort qu’il est temps de changer les choses.

« La Maison de jeunes est la vôtre. Il faudra surtout se mettre dans la tête que chacun y trouve ce qui lui faut. Les mentalités doivent changer si vous voulez avancer. J’appelle mes frères hommes, à se rapprocher de notre association parce qu’Iqraâ n’est pas seulement une association féminine. Il faudra ouvrir des classes aussi pour les hommes. Les enseignants sont aussi interpellés pour venir contribuer à cette action bénévole. Je félicite toutes ces sœurs ici présentes en leur demandant à faire passer le message à d’autres femmes », enchaînera la deuxième intervenante. Pour sa part, M. Hamid Mechai, directeur de la Maison de jeunes, insistera que ce lieu est ouvert pour toutes les associations. « Nous sommes ici pour vous. C’est votre maison. Que personne ne se sente non concerné », dira-t-il. Le quatrième intervenant n’est autre que M. Saïd Dahamni, membre du bureau communal de l’Association Iqraâ, et premier vice-président de l’APC. « Je rends avant tout un grand hommage aux membres de l’association et aux enseignants qui ont consenti d’énormes sacrifices pour mener à bien cette mission. Ensuite, je dirais à ces femmes bravo pour leurs sacrifices déployés à apprendre en dépit de tout ce qu’elles ont comme occupations. En tant qu’autorités locales, nous sommes là pour contribuer en fonction de tous les moyens dont nous disposons. Je lancerai un appel en direction du bureau national d’Iqraâ pour se manifester auprès de l’APC car l’assiette demandée pour la réalisation d’un centre régional d’alphabétisation est prête », déclarera-t-il.

Après toutes ces interventions, quinze femmes ont reçu le premier prix et trente quatre autres ont été récompensées en leur décernant le deuxième prix. Le bureau de l’association clôt cette cérémonie en demandant plus d’aide et l’implication d’autres acteurs afin de réussir cette action ô combien noble.

Amar Ouramdane