Comme il est toujours plus facile de changer un entraîneur que de chambouler tout un effectif, il n’y a donc pas de raison pour que nos présidents de clubs se privent de sacrifier le fusible constitué par l’entraîneur en chef, un statut d’entraîneur bien précaire dans notre compétition, faute de contrat en bonne et due forme. Ainsi depuis le 10 août, date du début du championnat national, près d’une cinquantaine d’entraîneurs ont ainsi été remerciés, limogés ou ont changé de club en cours d’exercice, un chiffre en constante augmentation lors de chaque saison… Dans la compétition, la palme revient au CA Bordj Bou Arréridj qui a usé pas moins de 5 entraîneurs la saison dernière, dont un double passage de Mustapha Biskri lequel a entraîné la CABBA à deux périodes entrecoupées de deux » départs volontaires ».
Abdelkader Amrani, un exploit !
Ils étaient trois la saison dernière à avoir conservé leur poste d’entraîneur contre vents et marées jusqu’à l’ultime journée du championnat, ils ne sont plus que deux cette saison, les seuls rescapés se nomment Abdelkader Amrani, le plus ancien technicien en place, puisqu’il vient de boucler sa quatrième année à la tête de l’ASO Chlef, un véritable exploit ! L’autre technicien qui a traversé la saison sans perdre son poste, se nomme Kamel Mouassa, qui vient de réussir pour la seconde année consécutive à sauver la peau de l’USM Blida en première division. Un troisième est resté en poste, c’est Kamel Bouhellal, mais son cas est quelque peu différent, puisque son président lui a adjoint un co-entraîneur qui s’est avéré être de fait, le nouvel entraîneur en chef, si on en croit ses différentes déclarations aux médias, une nouvelle manière d’écarter un entraîneur sans avoir à le limoger !
Petit tour d’horizons des changements avant de rejoindre la JSK la prochaine saison
Les changements effectués tout au long de la saison et leur incidence ou non sur le rendement et les résultats des différentes équipes. Que ce soit en haut de tableau ou en bas de classement, très peu de changements ont véritablement bouleversé la donne, parmi les clubs adeptes des changements de techniciens. Honneur au champion d’Algérie et champion arabe, l’ES Sétif où il a suffit d’un petit passage à vide en championnat, alors que l’équipe demeurait leader et toujours en course en Coupe arabe, pour que Rachid Belhout soit lâché par le groupe sétifien. Si même le leader du championnat d’Algérie ne déroge pas à la (triste) mode et ne donne pas le bon exemple, que demander aux autres ?
Rachid Belhout et Aït Djoudi évincés
Le boss de l’ESS, Abdelkrim Serrar a sorti Rabah Saâdane de sa mini-retraîte, la crise de confiance (offensive notamment) passée, l’ESS a retrouvé son rang pour finir en beauté la saison, en empochant un doublé historique (championnat, Coupe arabe). Le nouvel entraîneur sétifien n’a pas manqué de rendre hommage à son prédécesseur, aux dernières nouvelles, » Cheikh » Saâdane est confirmé à son poste pour la saison prochaine. A la JS Kabylie, Mohand-Cherif Hannachi voulait donner à son équipe un style » Carioca » en ramenant un entraîneur brésilien, Da Cunha en l’occurrence, après avoir évincé Jean-Yves Chay, revenu à la JSK en grande pompe pour un projet à long terme, un départ pour le moins conflictuel… Le courant ne passait ni entre le président Hannachi et le Brésilien, ni entre ce dernier et ses joueurs, le fiasco n’aura duré que l’espace d’une poignée de journées de championnat durant lesquels la JSK a atteint les profondeurs du classement, c’est alors que Azzedine Aït Djoudi a été appelé à la rescousse. Celui qui était en poste à l’USM Annaba (Super D2) a sitôt fait de se libérer de ses engagements avec Annaba pour voler au secours des Canaris, avec un succés certain. A son arrivée, la JSK alors en bas de tableau, a fait une remontée spectaculaire pour se hisser vers le sommet et se mêler à la lutte pour le titre, n’abdiquant qu’à la dernière journée. Entre Braham-Chaouch et Eurico Gomez, le président de la JSM Béjaïa, Boualam Tiab a fait son choix, c’est le technicien portugais qui fera les frais du conflit entre lui et l’attaquant béjaoui. Rachid Cherradi a pris le relais, les résultats sont restés réguliers, mais on reprochait au technicien constantinois, le faible fond de jeu développé par son équipe, il cédera finalement sa place à Abdelkrim Bira, la JSMB a terminé à une belle troisième place.
Labello, OK puis KO
l A l’USM Alger, le président Saïd Allik avait opté pour un entraîneur français, malgré une position décevante en championat, René Lobello avait été maintenu en poste, mais l’élimination en Champions League africaine face au modeste club nigérien de l’AS FNIS lui coûtera sa place. Il sera rejoint par Rachid Belhout, avant de se retirer, ce dernier étant de fait le nouveau numéro 1 du staff usmiste. L’USM Alger a terminé la saison de belle manière et s’est hissé en finale de la Coupe d’Algérie. A l’ASO Chlef, Abdelkader Amrani continue de rajeunir son éffectif et de faire confiance aux jeunes, l’ASOC s’est mêlé à la lutte pour le titre pendant un moment avant de lâcher du lest en fin de saison, les Chélifiens ont terminé la saison à une belle 5e place après avoir réalisé un joli parcours en Coupe de la Confédération, avec notamment une belle victoire en Egypte face à ENPPI. Eurico Gomes a permis au MC Oran de faire une belle remontée au classement alors que le club se trouvait en mauvaise posture et flirtait avec les places dangereuses. Le MCO a la possibilité de participer à une compétition internationale (ACL) et attend la décision de l’UAFA, en attendant le technicien portugais a prolongé de deux années. Gomes avait été précédé par Abdellah Mecheri, Mohamed Lekkak et Lahbib Benmimoun.
Au NA Hussein Dey, on avait débuté la saison avec Mahmoud Guendouz, qui a quitté le club pour revenir au Liban, il a été remplacé par Mohamed Aït El Hocine, qui choisira également de partir suite à un conflit avec son président Mohamed Lahlou, Farid Zemiti assurera l’intérim avant la venue de Mohamed Medjadj avec lequel le NAHD a réalisé une belle fin de saison échouant à quelques encablures d’une qualification à une compétition internationale. Au CA Bordj Bou Arréridj, les changements ont été nombreux, avec notamment deux passages de Mustapha Biskri. Le CABBA avait entamé la saison sous la houlette de Hocine Zekri, qui a été remplacé par Mohamed Tebbib. Est venu ensuite l’interimaire Noureddine Boubatra qui cèdera sa place à Biskri puis reprendra le flambau en fin de saison, pour conduire le CABBA hors de la zone dangereuse. A l’USM Blida, Kamel Mouassa a permis à sa jeune équipe de se maintenir en première division, réalisant également un très bon parcours en Coupe d’Algérie où les Blidéens ont été éliminés en demi-finale par le futur vainqueur, le MCA. Au CR Belouizdad, Mustapha Biskri a eu le courage de démissioner car il estimait qu’il ne parvenait pas à diriger son équipe, il a été remplacé par un enfant du club Hocine Yahi, qui sera suppléé par son adjoint Karim Bakhti, la place de nouvel entraîneur échouant en fin de saison au revenant, Nedjmeddine Belâyachi pour conclure une saison mitigée.
Bracci part, Fabbro arrive
l Au MC Alger, exit François Bracci malgré la Coupe d’Algérie ramenée la saison dernière, il a été remplacé par un Italien peu connu, Enrico Fabbro après un cours interim du spécialiste Azzedine Meguelati. Le technicien italien permettra au MCA de gagner sa seconde Coupe d’Algérie, mais la saison en championnat a été de nouveau chaotique, comme l’a été la situation en interne (présidence notamment), une saison également ternie par les suspensions de Abdouni et Bouacia notamment suite aux incidents du match de Coupe de la Confédération au Nigéria face à Kwara United. Au WA Tlemcen, Mohamed Lekkak aura été le premier entraîneur congedié cette saison, puisqu’il a été poussé vers la sortie dès la première journée ! Se sont succédé ensuite à la tête du staff technique sans succès Abdelkrim Bira, Abdelkader Bahmane, aussitôt arrivé, aussitôt repartit, c’est finalement avec Sid-Ahmed Slimani que le WAT a arraché de haute lutte son maintien. A l’OM El Annasser, Younès Ifticène qui avait conduit l’OMR en D1 débutait la saison en tant qu’entraîneur, il démissionnera en cours de saison et sera remplacé par Mohamed Ferhi avant de faire volte-face et de redevenir l’entraîneur de l’équipe et requitter à nouveau le club. C’est alors Mohamed Aït El Hocine qui prendra les rênes de l’OMR, il avait juré que l’OMR se maintiendrait, il a réussi son pari, puisqu’il a permis au club de Ruisseau de rester en D1.
Dz. Foot.
