Pour le moment, l’effectif est de 11 élèves qui sont pris en charge pour une somme variant entre 5 000 DA et 7 000 DA, les élèves reçoivent des cours d’orthophonie que leur dispense Mme Nassima Bachène, qui est en même temps la cheville ouvrière de cette structure qui ambitionne d’élargir son rayon d’action. Les élèves suivent aussi une prise en charge par une psychologue clinicienne, une initiation aux travaux manuels et des cours de chants dans un programme qui s’étale sur toute la journée. Le résultat est visible. Au Centre culturel, les dessins et les créations manuelles des bambins attestent d’une amélioration de leurs capacités sensorielles et mentales.
Mme Bachène, dans une communication qui a frappé par la clarté et la profondeur de l’analyse, a parlé des difficultés des attardés mentaux qui appréhendent différemment la réalité : « Il faut insister inlassablement pour introduire une notion dans le cerveau aux capacités amoindries de ces élèves. Pour se faire à l’idée d’un cercle par exemple, il faut insister, montrer plusieurs fois l’image correspondante, un cercle tracé au crayon, un ballon… ce n’est qu’avec beaucoup de patience que l’on arrive à faire saisir des notions concrètes à ces enfants. Pour les notions abstraites, c’est une autre paire de manches ».
Cette école est en voie d’agrément. Elle ne reçoit pour le moment aucune subvention ni prise en charge de sponsors. Pourtant, l’équipe ne se décourage pas. Mme Bachène fait montre d’un courage exemplaire dans la lutte administrative pour se faire reconnaître. « Nous sommes là, nous existons par notre travail dont vous voyez les résultats, les parents d’enfants handicapés peuvent nous contacter à tout moment ». Elle avoue que l’internat est une option nécessaire pour recevoir les enfants habitant loin. C’est un objectif tracé par le personnel de cette école qui allie compétence et courage et ne recule pas devant les difficultés. A la fin, les protégés de Mme Bachène ont gratifié les nombreux présents de spectacles appréciés, théâtre, chants et danses dans un climat de liesse générale. Bravo !
Amarouche
