« C’est fini, nous avons compris qu’il est temps de nous donner cette chance d’avoir des enseignants de cette matière. La plupart des CEM qui ont obtenu les meilleurs résultats sont ceux où les candidats ont composé dans les deux matières qu’on croyait facultatives à savoir le dessin et tamazight », confirme ce directeur de CEM à Boghni qui a voulu même nous donner des chiffres à ce sujet. Effectivement, de notre côté, nous avons pu récolter quelques taux en ce qui concerne cette matière : Au collège d’enseignement moyen Krim-Rabah de Draâ El Mizan, nous avons appris que les vingt-cinq élèves ayant composé dans cette langue, le taux de réussite dans cette matière a été de 100%.
Même au niveau du taux global dans cet examen (BEM), le collège a bien réussi en obtenant un pourcentage excellent de 53,42%, contrairement aux années précédentes. Egalement, pour l’épreuve de dessin, ce CEM a réalisé un score qui avoisine le 100%.
Au CEM Frères-Harchaoui, le constat a été le même. En tamazight, presque la totalité des candidats ont obtenu la moyenne. Ce qui a attiré aussi notre attention est le fait que des élèves arabophones ont très bien réussi dans cette matière. « Je ne suis pas contente parce que beaucoup d’élèves ont obtenu leur moyenne en tamazight, mais parce que des élèves arabophones ont dépassé de loin leurs camarades berbérophones », nous a déclaré au lendemain de la proclamation des résultats, Melle Yasmine Foughali, enseignante de tamazight à Harchaoui. Elle nous cite le cas de Linda Charef, une élève arabophone ayant obtenu une note de 16/20.
Ainsi, il est temps aux responsables du secteur de la généraliser même dans les autres wilayas. Pourtant, cette opération continue à peiner en dépit des circulaires envoyées par le ministère de l’Education nationale à ce sujet. « La généralisation de la langue doit passer par une décision politique comme ce fut le cas au lendemain de l’arabisation. Car si on continue à ce rythme, notamment celui de la formation d’enseignants, il faudra peut être attendre d’autres décennies pour arriver à sa généralisation. N’oublions pas que pour cette première expérience, seuls douze mille candidats l’ont eu dans leur examen. Ce qui représente un pourcentage très infime après douze ans d’existence dans le système éducatif », tel est l’avis de l’un des pionniers de cette langue, rencontré à la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou.
Amar Ouramdane
