La contestation contre la loi électorale s’élargit

Partager

Les membres du Conseil de la nation ont adopté à la majorité, hier, le texte de loi organique amendant et complétant l’ordonnance portant loi organique relative au régime électoral et le texte de loi organique relatif au report des élections pour le renouvellement des Assemblées populaires communales et de wilayas issues des élections du 10 octobre 2002 et des élections partielles du 24 novembre 2005.

Interrogé par la presse, après l’adoption de ces textes de loi, M. Zerhouni a indiqué que « le plus important de ces deux projets est l’amendement des articles 82 et 109 de la loi électorale ». »Nous pensons que ces amendements vont contribuer à clarifier et moraliser le jeu politique et faciliter également le choix des citoyens lors d’élections »,a indiqué le ministre.

« Ce nouveau cadre, a-t-il ajouté, va stimuler les partis dans leur travail en vue de les pousser à faire plus d’efforts pour être présents et plus proches de la réalité de notre société ».

M. Zerhouni a expliqué que ces amendements « donneront plus de crédibilité aux institutions élues, donnant ainsi un effet direct, a-t-il dit, sur le développement et la stabilité du pays ».

Les amendements à la loi électorale adoptés désormais par les deux chambres du Parlement ne continuent pas moins de susciter les mécontentements d’acteurs politiques de la société. Ainsi, après les réactions critiques de partis de l’opposition dont ceux regroupés au sein de l’Alliance pour la sauvegarde de la démocratie, l’ANR, le MDS, entre autres, c’est au tour de personnalités de la scène politique du pays d’émettre leurs avis.

Dans une déclaration à la presse M. Abdelhamid Mehri, ex-secrétaire général du FLN, a considéré que  » la révision des lois ne changera en rien la nature exclusiviste du pouvoir  » estimant que  » l’exclusion est consubstantielle au pouvoir « .

Une autre personnalité de l’opposition politique, Mustapha Bouhadef, ex-secrétaire national du FFS, a lui, considéré que les amendements apportés à la loi électorale ne  » sont qu’un signe qui renseigne sur la volonté du pouvoir de consacrer son hégémonie sur la scène politique « .

S’agissant des retombées immédiates du texte voté par les députés, Bouhadef fait état de  » 16 partis victimes de la loi sans compter les prochaines formations qui seront pénalisées « , avant de critiquer  » l’excès de zèle de la chambre basse dans la concrétisation des projets du pouvoir « .

Enfin, l’ex-responsable du FFS a averti contre le  » danger de ce type de politique sur les institutions de la République et sur la société « .

Le président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme Hocine Zahouane, a particulièrement été virulent à l’encontre de la loi électorale amendée qui  » constitue une atteinte aux libertés individuelles dans la mesure où elle consacre la démocratie des riches « .

Avec peine certes, au vu de l’hégémonie dont jouissent les partis de l’Alliance présidentielle, le front de la contestation contre les amendements de la loi électorale ne s’élargit pas moins.

En effet, après avoir été circonscrite aux petites formations directement concernées par les retombées du texte de loi, la contestation s’étend désormais à d’importantes personnalités nationales connues par leur profil d’opposants.

H.O.

Partager