Lors de notre déplacement dans la localité de Beggas, nous rencontrons trois jeunes individus, visages couverts de cendre noire, vêtements usagés et sales, ils rentraient au village.
Nous les accostons puis nous informent qu’ils sont embauchés par l’entreprise de mise en valeur de fonds forestier (Emifor) qui se charge de la récolte du liège. Ils travaillent dans de pénibles conditions.
Parcourir la forêt dans tous ses sens en se déplaçant d’arbre en arbre, piétinant plants et broussailles pour un salaire de 540 DA, les ouvriers accomplissent leur travail. Nous assistons au déroulement de l’opération.
Les garde forestiers effectuent un contrôle du travail et recommandent l’attention et la prudence tout en séparant et en ôtant l’écorce du tronc. Ils leur rappellent qu’il ne faut pas « blesser » l’arbre : le chêne-liège. Un garde forestier nous explique et nous montre un arbre blessé. Quant au chef de chantier, il nous explique la manière d’utiliser la matériel : la cognée et la scie.
Après avoir délimité la longueur du liège à enlever avec la scie, la partie en acier de la cognée servira à taper légèrement l’écorce, le manche aiguisé en forme de burin sera enfoncé entre l’écorce et le tronc en tirant de l’autre main.
Ce procédé facilite le travail et ne blesse pas l’arbre. Une fois le travail accompli, les travailleurs déplacent sur leur dos la quantité de liège récolté jusqu’à la lisière de la forêt et l’entassent en stères.
La forêt de Beggas est constituée d’une végétation forestière de sous-bois diversifié mais le chêne-liège est en quantité abondante. Rappelons que cet espace forestier avait été ravagé par les incendies.
Certaines plantes comme le cytise, la bruyère, le lentisque et l’arbousier repoussent et rajeunisse la couverture végétale forestière et forme une verdure exceptionnelle en cette saison.
En somme, la récolte du liège demande de l’attention et de la prudence car le chêne-liège blessé ne reproduit plus de liège d’une quantité importante. Le responsable des forêts nous dira : « La prochaine récolte dans ce lieu se déroulera aux environs de 2017 cependant d’autres opérations de la récolte s’effectuent dans d’autres endroits à l’exemple de « Tacheta » dans la localité de Krarib (Aomar), la récolte du liège est en continuité permanente ».
A. Bouzaidi
