Plus que les sourires en coin ou les clins d’œil perspicaces, les observateurs partent de “certitudes” entendues sur un mode tacite, alors que les voix officielles avaient désespérément tenté de situer les choses sur un tout autre registre. A commencer peut-être par le choix du lieuDifficile, en effet, de prendre pour argent comptant l’option siège du FLN à un moment où ce parti a le vent en poupe après avoir traversé une zone de turbulences qui lui a fait entrevoir les pires scénarios. Mais non seulement le FLN s’est refait une santé, mais le voilà avec une belle cerise sur son gâteau de convalescence.Encore floue certes et laissant ouvertes de grandes issues de sortie, la présidence du parti offerte à Abdelaziz Bouteflika et acceptée avec beaucoup de courtoisie, n’a pas encore livré tous ses secrets, mais suffit au bonheur d’un appareil qui n’en croit pas encore ses yeux. Et cela suffit aussi pour inquiéter sérieusement ses deux autres partenaires dont tout l’avenir immédiat dépend de ses rapports au président de la République.Quelles que soient les assurances données par le président de la République au RND et au MSP, il est très peu envisageable que ces deux partis se présentent aujourd’hui à Hydra dans un état d’esprit qui leur permette de traiter d’égal à égal avec un FLN qui commence déjà à montrer ses crocs. C’est sans doute là où commence le caractère éminemment politique de cette réunion en dépit d’infinies précautions et autres euphémismes empruntés dans la formulation de l’ordre du jour.C’est même à se demander si les responsables des trois partis n’ont pas à leur corps défendant été plus loin que ce qu’ils devaient livrer à l’opinion. “La mise en place des instruments de coordination au niveau des institutions élues”, formule-bateau censée esquisser l’ordre du jour est déjà un stade avancé d’une entente chez un regroupement qui a rarement donné l’impression d’avoir quelque chose à partager. Autre indice de ce qui va se dire aujourd’hui à Hydra, loin de ce qu’on a bien voulu nous jeter en pâture, cette formule : “Continuer les discussions entamées en février 2004”. Ce n’est plus de la discrétion, ça devient carrément du cynisme, puisque tout le monde aura compris que nous ne sommes plus dans les conditions de février 2004, et surtout plus dans les mêmes rapports de force.A moins que le FLN, le MSP et le RND ne fassent tout simplement plus de politique, ce qui est une forme encore plus élaborée de cynisme.
Slimane Laouari
