Pour célébrer ses trente ans de carrière, le compositeur et musicien, Safy Boutella donnera un double concert, les 24 et 25 du mois en cours, au complexe culturel Laâdi-Flici (Théâtre de verdure) d’Alger. Lors de ces deux concerts, il interprètera sa nouvelle création musicale intitulé, Zerbot (la toupie/Cette dernière durera deux heures et demi, et se veut faire vibrer le public algérois. Pour cela l’artiste a animé, ce samedi, une conférence de presse, à la salle Frantz-Fanon (Riad El Feth). Il a déclaré, que « ce gala sera une occasion pour moi de revenir sur les stations les plus importantes de mon quart de siècle de création multiforme », entre autres, il a évoqué que sa nouvelle composition constitue une rétrospective de son long parcours de création musicale, l’artiste a voulu épargner l’idée dite que « son univers créatif est lié au raï », tandis que Safy Boutella voit le contraire, qu’il n’est pas spécialisé uniquement dans le raï, qu’il a fait autre chose « je crois qu’ à travers les concerts, on peut montrer qu’on a le droit de faire autre chose que le raï ». « Je comprends ces artistes qui préfèrent chanter le raï, parce que c’est un moyen pour eux de gagner leur vie, mais aussi, parce que l’artiste n’a pas de statut et qu’il n’est pas encadré. D’ailleurs, moi aussi, je travaille comme un paysan. Si je produis, je gagne ma vie, tandis que si je ne produis pas, je me retrouve sans rien », a-t-il avoué, tout en ajoutant, que « pour moi, les artistes « écrabouillent » leurs vies, son avoir la moindre récompense ». il a aussi estimé qu’ont peut changer les choses pour préserver les droits des artistes en Algérie. Il a entre autre, montré son regret, pour la chanson algérienne qui est dominée par le raï « en écoutant ces chanteurs de raï, on a l’impression qu’ils chantent un même texte, et aiment une même femme. ils ne chantent pas l’amour, ils pratiquent du business, on dirait que nous ne sommes pas libres et que nous sommes dépourvus de capacités qui puissent nous permettre d’être différent, et de montrer notre richesse par d’autres styles qui existent en Algérie, ainsi que pour connaître le patrimoine algérien. Cela dit, il y a des artistes qui font de belles choses ».
En outre, et pour ce qui est du titre de sa nouvelle création, il atteste, que l’idée lui a été inspirée lors d’une visite effectuée à La Casbah d’Alger. « Tout au début je l’ai nommé El Baraka, puis j’ai constaté que ce nom est très courant en Algérie, alors j’ai cherché un nouveau titre. pour le nouveau, c’est lors d’une tournée que j’ai faite à La Casbah, j’ai vu des gamins qui jouaient à la toupie (zerbot). Cela m’a fait rappeler mon enfance. C’est de la sorte que l’idée m’est venue à l’esprit. Zerbot, pour moi, veut dire beaucoup de chose : l’innocence et l’émotion, elle tourne et ramasse, tout comme moi, j’ai tourné, en fait la toupie, c’est moi. Les garçons qui savent manier la toupie, c’est ceux qui gardent les pieds sur terre ». Safy Boutella espère pouvoir ouvrir une école internationale en Algérie pour transmettre à la nouvelle génération son talent et son savoir dans ce domaine. A cet effet, il a déclaré que « cette idée est un projet qui est en cours d’étude, j’attends toujours l’accord pour pouvoir démarrer. Moi je ne peux pas enseigner dix élèves dans une villa ! Mais je souhaite avoir l’aide possible pour pouvoir bâtir une école populaire qui donne l’occasion à tous les jeunes d’apprendre ».
Enfin, il est à noter que la première entrée (mardi) pour le premier concert sera sur invitation aux : Théâtre de verdure, le Palais de la culture Moufdi-Zakaria (Kouba) et à la salle Ibn Zaydoun (Riad El Fath). Tandis que le deuxième (mercredi), concert sera ouvert au grand public. Les deux galas sont identiques et Safy Boutella promet au grand public que de belles surprises leur seront réservées « la fête sera belle ».
Kafia Aït Allouache
