La baisse du prix de la pomme de terre n’est pas pour demain

Partager

Un véritable casse-tête pour les citoyens, mais aussi pour les pouvoirs publics, responsables selon les citoyens, de cette situation.

Avoisinant les 70 DA le kilo, la pomme de terre risque de perdurer à ce niveau des prix pendant encore longtemps, et pourrait atteindre des cours encore plus élevés. C’est du moins ce qui ressort de l’analyse d’un cadre du département de l’agriculture. Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaine III, Omar Aït Ameur, directeur d’études au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, a développé dans des « explications objectives », les principales raisons qui ont fait que cet élément indispensable dans le système nutritif national, voit ses prix augmenter de cette manière. Selon Omar Aït Ameur, il y aurait trois raisons principales. À commencer par « la réduction de la superficie de la récolte lancée dans le cadre des programmes présents et qui découlent de l’insuffisance des semences presque introuvables sur le marché mondial », a-t-il expliqué. Vient ensuite « la maladie du mildiou qui aura causé une diminution de la production de l’ordre de 30% » Le problème du mildiou reste, lui, un vrai casse-tête. « Nous avons pris toutes nos dispositions pour prévenir le problème du mildiou, puisque le produit qui élimine ce parasite existe, mais il faut dire que cette maladie est apparue au moment où il était impossible de procéder à un quelconque traitement du fait des conditions climatiques », regrette-t-il. Et pour couronner le tout, un troisième facteur venant s’ajouter à ces deux derniers et qui a aggravé la situation. Il s’agit de « la restauration des stocks ayant pdesobjectifs spéculatifs ». Selon l’orateur : « La pomme de terre existe bel et bien cependant, a-il-ajouté, tout n’est pas versé sur le marché mais cela ne relève pas des compétences de notre département », a-t-il tenu à préciser.

Pour ce qui est des semences, M. Aït Ameur affirmera que les besoins globaux de l’Algérie se situent entre 220 000 et 240 000 tonnes dont 80% des besoins de la saison proviennent de l’importation. L’Algérie, fera-t-il savoir, importe quelque 80 000 tonnes de semences de pomme de terre, soit environ 60% de nos besoins, dont l’enveloppe atteint parfois les 200 millions de dollars. Il assurera, dans ce sens, que « l’importation n’est pas une solution de facilité que nous recherchons mais plutôt un moyen incontournable même si nous nous attelons à faire de notre mieux pour diminuer les volumes importés. » L’importation de la pomme de terre de consommation fait partie du programme de la régulation du marché, argumente M. Aït Ameur qui exhorte cependant « ceux qui vont importer et les services qui vont les encadrer à tenir compte des intérêts des agriculteurs, pour qu’il n’y ait pas une concurrence vis-à-vis de la production nationale. » Quant au volet des superficies cultivées, l’orateur a avancé qu’il existe trois périodes de production de la pomme de terre : la saison, l’arrière-saison et la primeur. « C’est la période saison qui pose problème », estime-t-il tout en admettant que le département de Saïd Barkat « n’a planté pour cette saison que 35 000 hectares, soit un déficit de 15 000 hectares par rapport à la moyenne annuelle qui est de l’ordre de 50 000 hectares. »

Grosso modo, les Algériens n’ont d’autre alternative que celle d’espérer une stabilisation du prix actuel, si l’on se réfère aux arguments et estimations avancés par le représentant du département de l’agriculture. En attendant des solutions capables de mettre un terme non seulement aux souffrances des citoyens, dont le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader, mais aussi à l’anarchie qui règne dans le système agricole et celui de la distribution.

Yassine Mohellebi

Partager