Le verdict attendu aujourd’hui

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Trente-huit prévenus dont un en fuite, a-t-on signalé, vont entendre aujourd’hui, à la salle IHC du chef-lieu de wilaya, le verdict concernant leur implication dans l’affaire du séisme de Boumerdès.

Pour trente-trois d’entre eux, le procureur avait demandé, au dixième jour dudit procès, la peine maximale prévue par l’article 288 du code pénal, à savoir trois ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA. A l’encontre de deux autres, la peine requise, suite au réquisitoire du procureur est de deux ans de prison ferme assortis de la même amende, alors que les trois restants ont été acquittés. Organismes immobiliers incriminés : l’OPGI, l’EPLF, filiale SNTF et le promoteur Derriche. L’acte d’accusation du représentant du ministère public insiste sur les nombreuses preuves de négligence, d’absence de précaution et de non-respect des normes de construction en vigueur. S’appuyant sur les résultats des experts désignés par les ministères de l’Habitat et de la Justice, le procureur aura relevé, dans la même optique, d’autres irrégularités ayant entaché la réalisation des projets immobiliers soumis au procès : mauvaise conception des projets, manque de qualification des entrepreneurs engagés par les organismes sus-mentionnés, manque de suivi et de contrôle des chantiers et absence ou insuffisance de coordination entre les différentes structures concernées par la construction immobilière.

Il relèvera également la mauvaise qualité des terrains choisis pour le lancement des projets, l’absence de contre-expertise concernant les analyses du béton armé et du concassage et celles des échantillons d’éprouvette du béton, d’autant qu’on a constaté, avait-il ajouté, à titre d’exemple, l’étroitesse des joints parasismiques au niveau des rez-de-chaussée des bâtisses effondrées.

Pourfendant cette accusation, la défense a plutôt essayé de démontrer que ses mandants ne sont responsables ni du choix du terrain ni encore de l’étude du sol. En défendant le P-DG de l’EPLF ou le DG de l’OPGI, les avocats ont surtout rappelé que ces prévenus n’ont été pratiquement nommés à la tête de leurs organismes respectifs, qu’après le parachèvement des chantiers de construction immobilières pour lesquels ils sont actuellement déférés devant le parquet.

Autres arguments de défense avancés : lesdits projets immobiliers ont été lancés sur la base des RPA de 1983 et de 1989, et il se trouve qu’on leur reproche de ne pas avoir appliqué les normes parasismiques de 1999. Et puis, le RPA de 1999 n’avait pas prévu, a-t-on soutenu, un séisme de 6,8 au niveau de l’est d’Alger. Boumerdès a été reclassé, a-t-on rappelé, en zone III après le cataclysme du 21 mai 2003. Peut-on dire alors, qu’il y a eu des erreurs humaines concernant les effets de ce séisme, s’interroge la défense. Pour le procureur, la responsabilité humaine y est engagée. Le juge Redouane Benabdallah rendra son verdict sur cette affaire aujourd’hui, a-t-on annoncé.

Salim Haddou

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