Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, a étonné plus d’un en annonçant que le le pouvoir d’achat a évolué de plus de 66.2% durant les cinq dernières années. Cette déclaration annoncée avec des accents triomphalistes intervient au moment ou les prix des produits alimentaires de première nécessité enregistrent une flambée fiévreuse qui donne des sueurs froides au pouvoir d’achat d’une population désarmée.
Des observateurs avertis s’interrogent légitimement sur les dessous d’une telle arithmétique pour expliquer que le pouvoir d’achat a réellement connu une amélioration. Pour la troisième fois, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) prévoit de faire une étude pratique visant à identifier les besoins réelles des familles algériennes et la manière de distribuer cette manne mensuelle trop dérisoire.
Elle aura également l’opportunité de mettre le point sur l’équilibre entre les salaires payés par l’Etat et les prix des produits de consommation à l’aune de l’économie de marché. Selon des indiscrétions, cette étude prendra un exemple d’une famille moyenne algérienne afin de jauger les capacités des foyers pour faire face aux multiples dépenses. A noter que les résultats de cette étude, selon des observateurs, corrigera un bon nombre des clichés populistes utilisés à volonté par les pouvoirs publics, notamment par bon nombre de ministres, pour distiller une toute autre lecture du niveau du pouvoir d’achat, au démeurant à ras de terre. Au moment où le Salaire national minimum garanti (SNMG) est fixé à 12 000 DA, le rapport 2006 réalisée par l’intersyndicales avait fixé la barre de 24 000 DA pour assurer une vie « décente ». Un salaire que la majorité d’Algériens ne voient pas tomber dans leurs escarcelles. Il est fort probable que l’étude de cette année dépassera allégrement le seuil des 30 000 DA vu la hausse de la mercuriale ces derniers jours.
A rappeler que le rapport 2007 de l’UGTA établi pour une famille de 7 membres nécessite un seuil minimum de 24 000 DA pour subvenir aux besoins élémentaires. Cela en exemptant de la consommation les fruits et la viande rouge. Ledit rapport avait établi un budget de l’ordre de 1 350 pour l’achat de 6 baguettes de pain,
1 500 DA pour deux sachets de lait, 1 850 DA pour le sucre, l’huile et la pomme de terre, 3 000 DA pour obtenir des produits alimentaires secs, 2 000 DA pour les légumes en été, 2 500 pour les détergents.
Une partie du salaire, à savoir 2 000 DA va également vers l’achat de lait pour enfants, 3 500 DA pour la location, 4 000 DA pour les frais du médecin et enfin 280 DA pour l’achat d’un journal. A considérer cette répartition, force est de constater qu’il y a une énorme marge entre le SNMG de 12 000 DA et celui du de 24 000 DA défendu par l’UGTA. Un fossé qui est appelé à se creuser encore davantage avec l’étude que prépare l’Organisation de Sidi Saïd.
H.L.
