Lors d’une intervention radiophonique, le ministre de l’Intérieur a tenu à « lever le malentendu ». Quitte à s’en prendre à certains éditorialistes qui, à ses yeux, n’ont « pas compris le texte » de la missive que les responsables de son département ont envoyée à près de quatre millions d’Algériens.
Qu’en est-il alors ? Zerhouni, avec une pointe d’amertume, peine à préciser que « beaucoup de citoyens » ont bénéficié, depuis les dernières élections de 2002, de nouveaux logements et qu’ils se déplacent d’une commune à une autre sans « prendre » la peine de se rayer de la liste électorale de leur commune d’origine. » Il s’agit donc pour nous de vérifier, avec les citoyens, s’ils sont toujours résidants dans leurs communes ou quartiers d’origine et s’ils sont inscrits à leur nouvelle résidence. C’est pour cela que nous avons pensé envoyer une lettre recommandée à tous les citoyens concernés par cette situation, pour qu’ils nous confirment leur lieu de résidence. C’est la seule question que nous posons », a tout simplement précisé le ministre de l’Intérieur qui citera, pêle-mêle, les cas d’habitants de Bab-El-Oued, à Alger, qui sont partis habiter dans d’autres communes de la capitale, mais toujours inscrits dans leur commune d’origine.
« Nous demandons au citoyen de nous répondre, par un courrier gratuit, pour nous dire s’il est toujours résidant ou pas près du bureau de vote où il est inscrit », a-t-il encore ajouté pour mieux expliciter son idée. Dans le cas d’un changement d’adresse, « le devoir de l’Administration est de le rayer de l’ancien bureau de vote, à moins qu’il ne précise qu’il préfère rester dans son ancien bureau de vote », a-t-il renchéri.
Pour ceux qui l’accusent de vouloir menacer les citoyens qui ont pris l’abstention comme choix politique lors des dernières élections législatives, le ministre précisera qu »il ne s’agit aucunement de chercher à savoir pourquoi tel citoyen s’est abstenu ou n’a pas voté ». « Ceci ne concerne que sa conscience », s’explique Zerhouni, qui regrette que « certains journaux aient fait des commentaires un peu déliés (à) ». « Apparemment, a-t-il conclu, ces gens n’ont pas lu les correspondances que nous avons envoyées aux citoyens concernés », a-t-il conclu.
Pour rappel, une polémique a opposé ces derniers jours le ministre de l’Intérieur d’un côté et certains partis politiques, notamment le FFS, et des journaux concernant des correspondances adressées par le département de Noureddine-Yazid Zerhouni concernant les motifs de leur abstention lors des dernières élections législatives. Cette initiative est perçue, notamment, comme une « atteinte à la vie privée » et à la liberté de voter ou pas.
Ali Boukhlef
