Cancéreux cherchent places désespérèment

Que c’est dur d’être malade, surtout quand il s’agit d’affections graves nécessitant des soins lourds et complexes que seuls de rares centres ou services spécialisés existant sur le territoire national peuvent a priori répondre à l’appel de nombreux patients qui cherchent désespérément une place dans ces rares lieux médicaux devenus des tremplins de la dernière chance. Mais, force est de constater que ces centres dont le nombre ne dépassant pas les doigts d’une seule main sont submergés par un afflux de patients qui viennent de toutes les régions du pays ; à l’exemple des services de radiothérapie réservés à la prise en charge de certains cancers dont lesquels il est difficile d’obtenir un rendez-vous dans des délais raisonnables.

Beaucoup de ces patients en souffrance et qui vivent dans l’expectative de se voir admis dans l’un de ces centres de rayonnements anti-cancers tirent leur révérence sans atteindre cet espoir, car l’attente est longue, très longue même. Le cas de cette dame d’El Kseur atteinte d’une tumeur de la marge anale et hospitalisée actuellement ai servoce d’oncologie de l’hôpital d’Amizour mérite d’être cité. Agée de 51 ans, elle dit qu’elle est atteinte de ce cancer — il y a deux mois— nécessitant selon ses médecins un recours à la radiothérapie qui peut contribuer à diminuer le volume de la tumeur ou à anéantir définitivement les cellules cancéreuses comme il a été expliqué par un chirurgien qui suit cette patiente. Souffrant de douleurs atroces et de saignements qui l’ont affaiblie, cette dame orientée vers le CPMC de Mustapha se trouve désemparée, une prise en charge renvoyée aux calendes grecques. « Il y a un manque de place. Revenez en janvier prochain pour qu’on vous donne un rendez-vous », a-t-on dit à cette malheureuse qui ne sait à quel saint se vouer. Son état de santé qui dépend de l’évolution de sa maladie, lui permet-il de patienter jusqu’au jour « j » ? Difficile, suggère ce chirurgien chargé de son suivi, il tente tout de même de la faire patienter afin qu’elle arrive à avoir son R. -V. ll est vrai que ces centres de radiothérapie, dont deux sont à Alger et deux autres à Blida et Oran sont dépassés. Mais, renvoyer un patienti demandant de revenir après six mois pour un éventuel rendez-vous de plusieurs mois s’avère une aberration qui peut être fatale à ces malades. Sur conseil des spécialistes, cette dame est mise sous chimiothérapie, une mesure palliative et onéreuse. Même abattue, elle dit avoir gardé une lueur d’espoir que son cri de détresse trouve écho auprès d’un de ces centres de radiothérapie. C’est le vœu de nombreux patients qui partagent le même sort et qui luttent stoïquement sur plusieurs fronts pour affronter deux tares : celle de la maladie et celle de la bureaucratie.

Nadir Touati