La figue fraîche sur les étals

l Que ce soit en dehors du marché ou encore sur les étals, la figue fraîche, ce fruit succulent est partout présent. Pour cette saison, on croit savoir qu’elle serait en abondance. En se dirigeant de bon matin vers Alger, par la RN 68, des dizaines d’enfants proposent déjà leurs bidons de figues fraîches ou de barbarie. Ces petits débrouillards ne vendent pas leurs fruits au kilo, mais en vrac. « Quatre-vingt dinars pour un bidon de cinq litres (environ cinq kilos) de figues de barbarie », propose un jeune garçon, à peine âgé de dix ans. Alors que d’autres plus loin proposent leur marchandise à un prix un peu plus bas. Quant à la figue fraîche elle maintient toujours son prix. Elle est cédée entre cinquante et trente dinars le kilo. Sur les étals du marché, la première récolte est vendue jusqu’à soixante-dix dinars. « C’est de la figue de Tamdikt. La figue de Thaghanimth. Achetez du miel vous ne trouverez jamais un tel fruit. Incomparable à la pastèque », crie à tue-tête un fellah qui avait devant lui deux grandes caisses. Pour le prix, ce vendeur n’accepte aucun rabais.

« Vous savez tous les autres produits ont augmenté. Et puis, n’oubliez pas encore que l’entretien des figueraies est compliqué ces dernières années. Je me rappelle quand j’étais jeune, personne ne vendait la figue fraîche. Mais, aujourd’hui, les temps ont changé », nous explique ce père de famille qui avoue n’avoir pas d’autre ressource pour subvenir aux besoins de ses enfants. Dans une virée sur ce marché, il nous a été donné d’apprendre qu’à l’instar de tous les autres produits, ces fruits subissent des spéculations. « Avant même que les fellahs ne rentrent au marché, les figues sont déjà achetées par les revendeurs. Et puis, ce sont eux qui fixent les prix. Allez acheter ce fruit ailleurs, il vous reviendra moins cher », nous a dit un fellah sincère qui refuse de vendre ses figues à ces commerçant qui en tirent beaucoup de bénéfices. Ainsi, nous avons donc su que si le prix de la figue fraîche pourtant en abondance ne baisse pas, ce serait à cause de ces « trabendistes ». Rien ne leur échappe. Un fellah nous a confié que des revendeurs venaient même d’Alger pour acheter le fruit sur les champs. En tout cas, il existe toujours des gens sincères qui ne se contentent que du gain de leurs efforts et refusent pour un dinar de plus de brader cette récolte qu’ils ont vu mûrir depuis les bourgeons.

A. O.