Le parti de défunt El Hachemi Chérif n’arrête donc pas de faire parler de lui malgré les multiples tempêtes qui l’ont secoué. Scindé en deux, le MDS devait retrouver une seule direction et l’une des parties, celle de Hocine Ali a participé aux élections législatives du 17 mai dernier, celle de Ahmed Meliani, plus radicale, devait forcément céder le terrain.
Si on ignore jusqu’à présent les raisons du départ de Meliani, puisque l’information a été donnée par des militants d’une wilaya de l’intérieur du pays, l’on sait d’ores et déjà qu’une page est bien tournée au MDS. Le temps des tiraillements, qui a eu raison des militants les plus téméraires du MDS, est arrivé à l’une des phases cruciales de l’existence du parti.
Mais pour comprendre les problèmes du MDS, un petit flash back s’impose.
Les problèmes du Mouvement démocratique et social, hérité de l’ancien Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) commencent en 2004, suite à la maladie de son leader, El Hachemi Chérif. Etant en convalescence, le chef du parti avait légué la présidence à Hocine Ali lequel gérait les affaires courantes en attendant le congrès. Les choses restèrent en l’état jusqu’à la mort, en 2005, de El Hachemi Chérif. Là, la vacance du secrétariat général du parti suscite toutes les convoitises. En principe, le problème de l’intérim est censé réglé. Mais la réalité est tout autre. Au cours d’une session du conseil national en mars 2006, un groupe de militants, à leur tête Ahmed Meliani, issu de la ligne dure du parti, s’empare des travaux et se proclame direction légale du mouvement. S’ensuit alors une interminable polémique, par presse interposée, dans laquelles tout le linge du parti est étalé sur la scène publique. Les communiqués se suivent et se ressemblent, mais ils portent deux signatures distinctes : tantôt le secrétaire général s’appelle Hocine Ali, tantôt Ahmed Meliani. La problématique du parti, telle que résumée d’ailleurs par Hocine Ali et deux de ses » camarades « , parmi les plus en vue du parti, à savoir Hamid Ferhi et Yacine Teguia, lors d’une conférence de presse, est liée essentiellement au fait de participer ou pas aux élections qui allaient venir, c’est-à-dire les Législatives. L’aile de Hocine Ali considère que désormais, » il n’est plus question de rejeter systématiquement les élections « . Tandis que l’autre branche reste toujours agrippée à l’idée de rejet de toute consultation électorale. Le différend entre les deux clans a atteint le point d’orgue lorsque Hocine Ali et Ahmed Meliani ont animé, le même jour et dans une même salle deux conférences de presse simultanées. Par deux fois, le congrès du parti, annoncé initialement pour avril, ensuite décembre 2006 avait été reporté. Récemment encore, c’est l’aile Hocine Ali qui a participé aux élections législatives du 17 mai dernier. Le MDS a désormais un élu national. Mais Ahmed Meliani se targue toujours d’être le premier responsable du MDS, avant de jeter et la casquette et le tablier.
Ali Boukhlef
