La rentrée s’annonce dure

l Fini les vacances, les plages au sable fin, la farniente au bord de la Grande Bleue, enfin pour ceux qui ont eu le privilège de s’y rendre au moins une fois. Bouira renoue avec la rentrée. Les rues grouillent de monde dès les premières heures de la matinée, les bus, toutes destinations confondues, sont bondés de monde. Les artères commerçantes de la ville fourmillent. Fournitures scolaires à même le sol, conjoncture oblige, les passants et les badauds font leurs emplettes en profitant des prix de certaines fournitures scolaires chinoises au rabais. Les parents et leurs progénitures sont déjà à pied d’œuvre pour les préparatifs de la rentrée des classes. Sur ce plan, il faut bien souligner que la ville de Bouira accuse cette année un petit retard en ce qui concerne l’activité commerciale coïncidant comme à l’accoutumée avec la rentrée. En effet, durant les années précédentes, en pareille période, la plupart des pères de familles nombreuses avaient déjà effectué leurs emplettes. Néanmoins, la canicule de ces derniers jours et sans doute la cherté de la vie, notamment les contraintes financières liées à la pomme de terre inabordable, au sachet de lait introuvable et à l’incontournable sac de semoule. Ceci dit, la saison estivale à contribué en grande partie à cette relative «léthargie» constatée à travers les quartiers de la ville.

En dehors des quartiers où les boutiques sont nombreuses à étaler effets vestimentaires, fournitures scolaires et autres produits occasionnels, le rush se dirige également vers les services de l’état civil où des chaînes interminables sont quotidiennement constatées. Egalement, pris d’assaut, le tribunal où l’on constate le flux de citoyens venus des quatre coins de la wilaya pour se faire délivrer ‘’casiers judiciaires et certificats de nationalité ». A part le volet paperasserie administrative, au rythme où s’amenuise le pouvoir d’achat du citoyen algérien, il serait judicieux d’évoquer aussi la frénésie qui s’empare à présent et en prévision de la rentrée sociale de pans entiers de notre société. Les citoyens n’ont pour objet de discussion que la hausse des prix des produits à large consommation. Il faut souligner en ce sens, que les citoyens, lesquels faut-il l’affirmer, s’attendaient à des déclarations fortement apaisantes de la part du Chef du gouvernement se disent profondément déçus, car la question du moment demeure en suspens. «Comment affronter toutes ces dépenses ? Alors qu’on attendait des explications ou à défaut, des mesures claires et prometteuses, Belkhadem s’est égaré dans des explications chiffrées. Depuis ce discours, rien n’a changé. Les prix démesurés et hors de portée demeurent inchangés. Le sac de semoule est toujours à 12 00 DA pour 25 kg, le sachet de lait ou plutôt le liquide blanchâtre qu’il contient est à 25 DA lorsqu’il est disponible, et la pomme de terre continue sa cavalcade pour flirter avec les prix de la banane. Où sont donc les mesures concrètes annoncées par le gouvernement ?», déclare un père de famille qui craint que le prochain trimestre ne soit synonyme d’endettement à long terme.

Cynthia. B